CDF 1948/1949 : Le RC Paris destitue Lille

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RC Paris 1948/1949
Vignal, Arens, Salva, Leduc, Lamy, Grizzetti, Gabet, Tessier, Quenolle, Vaast, Moreel

Retour sur la Coupe de France 1948/1949.

Trente-deuxièmes de finale : Le Havre fait tomber Marseille

Le dimanche 9 janvier 1949 se tient les trente-deuxièmes de finale de la 32e édition de la Coupe de France, avec au programme deux chocs entre équipes de l’élite. A Saint-Ouen, le duel entre l’OGC Nice et le FC Nancy tourne à l’avantage des Niçois, victorieux par 2 buts à 1. A Bordeaux, le Stade Rennais élimine par 2 buts à 0 le SO Montpelliérain, vainqueur de la Coupe en 1929.

Les autres affiches mettent aux prises des équipes de première division à des équipes de divisions inférieures. Mais le statut de favori ne protège pas tous les équipes de l’élite et quatre d’entre elles sont contraints de subir une élimination prématurée. La plus grosse surprise est réalisée par l’US Quevilly (CFA), qui élimine Toulouse par 4 buts à 3. Finaliste en 1927, l’USQ se rappelle au bon souvenir de la Coupe. Autre surprise de taille, celle réalisée par Le Havre (D2) qui s’offre, après deux matchs, la tête du champion de France en titre, l’Olympique de Marseille et ses six Coupes de France à son palmarès (1-1, 2-1). Autre ancien vainqueur de la Coupe (en 1932), l’AS Cannes-Grasse chute aussi devant une D2, le FC Nantes (2-0), à l’instar du RC Strasbourg, battu par le SA Douaisien (3-1).

Triple tenant du titre, le LOSC ne se rate pas devant son voisin lensois (3-1). Le Stade de Reims fait facilement respecter la hiérarchie devant le SCO Angers (D2) en s’imposant par 6 buts à 1. Pas non plus de difficultés pour l’AS Saint-Etienne, large vainqueur des amateurs de l’AS Saint-Dizier-Marnaval (8-1). C’est plus compliqué pour les deux clubs parisiens qui ont besoin de deux matchs pour se qualifier mais l’essentiel est assuré pour le Stade Français-Red Star devant l’Olympique Alésien (1-1,7-3) et le RC Paris face à l’Arago Sports Orléanais (3-3,1-0). Sur les dix-huit clubs de l’élite, six d’entre eux ont connu une élimination lors de ces trente-deuxièmes de finale.

Seizièmes de finale : Après Toulouse, Quevilly se joue de Colmar

Les seizièmes de finale donnent eux aussi lieu à deux confrontations entre équipe de l’élite. Le Stade Français-Red Star parvient à se qualifier au dépend du CO Roubaix-Tourcoing (3-2) et le Stade de Reims à se défaire du FC Sochaux-Montbéliard (2-1). Grosse surprise des trente-deuxièmes de finale, l’US Quevilly remet le couvercle en éliminant une nouvelle équipe de l’élite, le SR Colmar (1-0).

Autre surprise, l’élimination de l’AS Saint-Étienne qui tombe devant le Nîmes Olympique (D2). Les Stéphanois s’inclinent par 2 buts à 1. Contre les amateurs de l’UA Sedan-Torcy, le LOSC assure une qualification tranquille (6-0). Tombeur de Strasbourg au tour précédent, Douai ne renouvèle pas son exploit et cède devant le FC Metz (3-1). Le RC Paris et le FC Sète continuent leurs parcours, en battant respectivement le Stade Malherbe de Caen (3-1) et le FC Mulhouse (5-0). Ça passe aussi pour l’OGC Nice devant le CA Le Puy (4-1). Huit équipes de première division restent donc en lice à l’issue des seizièmes de finale.

Huitièmes de finale : Quevilly s’arrête là, Lille se fait peur

Deux nouveaux chocs entre équipes de D1 sont au menu des huitièmes de finale. Le duel entre le FC Metz et le Stade Rennais tourne à l’avantage des Messins (4-2). Par 3 buts à 0, l’OGC Nice se qualifie au dépend du Stade de Reims. La belle aventure de l’US Quevilly est stoppée par le RC Paris, vainqueur 2 à 0. Le Stade Français-Red Star n’a pas de difficultés pour se défaire de l’AS Troyes-Savinienne (D2) et s’impose 3 à 0. Contre le FC Rouen (D2), le LOSC a plus de difficultés et est contraint de disputer un deuxième match. Finalement, les Lillois n’abandonnent pas leurs titres en parvenant à se qualifier (1-1, 2-1).

Quarts de finale : Lille ne lâche rien

En quart de finale, le LOSC est opposé à l’OGC Nice. Les Lillois sont poussés en prolongation mais, cette fois, parviennent à y faire la différence (2-1). Le LOSC peut continuer à rêver d’une quatrième Coupe en quatre ans. Entre le Stade Français-Red Star et le FC Sète, les deux équipes doivent aussi en passer par une prolongation. Les Parisiens y inscrivent deux buts et se qualifient pour les demi-finales (3-1).

Opposé au Nîmes Olympique (D2), le RC Paris doit lui aussi en passer par la prolongation. Les Parisiens parviennent à y inscrire le but salvateur qui les qualifie (2-1). Face au RC Arras (PH), le FC Metz, lui, fait parler la hiérarchie et sa supériorité pour signer un succès sans appel (6-0).

Demi-finales : Le LOSC et le RCP font parler leurs habitudes

Les demi-finales mettent aux prises Lille au Stade Français-Red Star et le FC Metz au RC Paris. A Lyon, le choc entre Lille et le Stade Français-Red Star est serré. Le Lillois Strappe inscrit l’unique but du match 52e, qui envoie donc le LOSC pour la cinquième année consécutive en finale de la Coupe de France.

A Paris, le duel entre le RCP et le FCM est tout aussi serré mais plus prolifique en buts. Vaast ouvre le score pour les Parisiens (34e) mais Baillot égalise pour les Messins (37e). A la 79e minute, Gabet inscritun deuxième but pour Paris et croit donner la victoire à son équipe mais, pour la seconde fois, les Messins égalisent, cette fois par Cisowski. Les deux équipes ne se départagent pas (2-2) et doivent donc rejouer cette demi-finale. A Colombes, le replay tourne à l’avantage du RCP. Quenolle et Gabet inscrivent les deux buts de la victoire parisienne.

Finale : Paris détrône Lille

A Colombes, la 32e finale de la Coupe de France met aux prises deux habitués de ce tour ultime. Le LOSC, triple tenant du titre, s’apprête à disputer sa cinquième finale de suite. Le RCP, lui, atteint pour la sixième fois de son histoire la finale de la Coupe, qui l’a déjà remportée à quatre reprises. C’est donc une affiche entre deux grands de la Coupe qui a lieu en ce 8 mai 1949 dans un stade de Colombes plein (61 473 spectateurs).

Emmené par leur capitaine Lucien Leduc et le meneur de jeu Henri Tessier, les Parisiens réalisent une première mi-temps tonitruante. Par le biais d’un tir de 25 mètres de Roger Gabet (sur une passe de Tessier, ils ouvrent le score à la 28e minute. Les Lillois n’ont pas le temps de digérer. Servi en profondeur par Tessier, Roger Quenolle double la mise (30e) d’un tir à ras de terre. A la 35e minute, sur une remise latérale de Quenolle, Gabet inscrit le troisième but de son équipe d’un tir acrobatique. A la pause, le RCP mène 3 à 0 et a quasiment les deux mains sur la Coupe.

Le début de seconde période est encore à l’avantage des Parisiens. Ernest Vaast inscrit un quatrième but (52e) en reprenant d’une tête lobée une ouverture de Tessier. A la 59e minute, le défenseur lillois Jadrejak inscrit contre son camp un cinquième but pour le RCP. L’affaire est entendue. Les Lillois se ressaisissent tout de même pour inscrire deux buts, par Lechantre (74e) et Strappe (83e), qui adoucissent la note finale. Le RC Paris s’impose donc par 5 buts à 2 et soulève pour la cinquième fois de son histoire la Coupe de France, égalant ainsi le Red Star pour devenir le deuxième club le plus titré de la compétition derrière l’Olympique de Marseille et ses 6 trophées remportées. Surclassé dans cette finale, le LOSC abandonne donc sa Coupe et signe une saison vierge puisque les Lillois ont échoué pour 1 petit point dans la conquête du titre de champion de France, remporté par le Stade de Reims.

– Composition des équipes finalistes de la Coupe de France 1948/1949 :

RC Paris : Vignal – Arens, Lamy, Salva – Grizetti, Leduc (cap .) – Tessier, Vaast – Gabet, Quenolle, Moreel. Entraineur : Paul Baron

Lille OSC : Witkowski – Jadrejakn, Prévost, Nuevo – Dubreucq, Carré – Vandooren, Strappe – Walter, Baratte (cap.) – Lechantre

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D1 1948/1949 : Le Stade de Reims sabre le champagne

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Stade de Reims 1948/1949
Jacowski, Petitfils, Jonquet, Abenoza, Prouff, Marche, Flamion, Pi. Sinabaldi, N. Sinibaldi, Batteux, Bini

Cette onzième saison du Championnat de France marque le retour en première division de l’OGC Nice et l’arrivée pour la première fois dans l’élite du football français du SR Colmar.

L’OM débute bien mais bute sur Rennes

Pour son premier match en D1, Colmar a fort à faire puisqu’il est opposé au champion de France en titre, l’Olympique de Marseille. Les Olympiens, entrainé pour la deuxième année de suite par Guiseppe Zilizzi, débutent bien en s’imposant largement (7-2). Les Marseillais enchainent devant le CO Roubaix-Tourcoing (4-2) mais s’inclinent au RC Paris (5-2), ce qui les contraint à laisser la tête au FC Sochaux-Montbéliard. Néanmoins, l’OM reprend la tête après six rencontres au bénéfice d’une victoire à Nice (0-5) combiné à une défaite de Sochaux devant le RC Paris (1-2). L’OM doit l’abandonner aussitôt battu à domicile par l’équipe en forme du moment, le Stade Rennais. Grâce à Bourdin par deux fois et Le Berre, les Rennais s’imposent par 3 buts 1 en terre marseillaise.

Nouveau leader, Rennes tient la tête en signant deux belles victoires, d’abord à Paris (2-3) puis devant Nancy (4-0). Mais les Rennais chutent devant Saint-Etienne (1-3) et voient Lille, vainqueur à Nancy (0-1), s’emparer de la tête après la dixième journée. Lille s’impose à Sochaux (3-1) pendant que Rennes essuie une deuxième défaite consécutive à Reims (4-2). Comme l’OM, vainqueur de Strasbourg (1-2), les Rémois comptent 1 point de retard sur le LOSC. Les trois derniers du précédent exercice sont à nouveau en place sur le podium.

Paris, Marseille et Reims au coude à coude

Le choc entre Lille et Marseille ne donne pas de vainqueur (2-2), ce qui profite à Reims, tombeur du champion de France 1947, le CO Roubaix-Tourcoing (1-0), 12e après douze journées. Le LOSC tombe à Montpellier (2-1) et doit laisser son fauteuil au Stade de Reims, qui s’impose magistralement au Stade Vélodrome de Marseille (3-4) grâce à des csc de Dahan et de Rodriguez et à un doublé de Pierre Flamion. Les deux chocs contre Lille et Reims n’ont pas réussi à Marseille, désormais à 3 points de la tête et cinquième derrière Reims, Lille, Paris et Rennes.

La réception de Nancy, pourtant lanterne rouge, ne réussit pas au leader rémois, tenu en échec (3-3). Mais comme dans le même temps, Lille a perdu devant Paris (2-3), Reims reste commandes devant un nouveau dauphin, le RCP chez lequel il s’apprête à se déplacer. A Paris, chez un adversaire en pleine confiance, les Rémois sont battus par 3 buts à 1. Quenolle, Nicolitch et Gabet ont été les buteurs parisiens et permettent à leur club de s’emparer de la première place du championnat. Le RCP enchaine par un net succès 5 à 0 devant Toulouse. Reims confirme ses difficultés en se faisant accrocher chez le promu niçois (2-2). L’OM, vainqueur de Cannes (1-0) s’empare de la deuxième place. La belle série parisienne s’arrête à Strasbourg où le Racing s’incline 3 à 1. Marseille, vainqueur à Montpellier (1-2) et Reims, tombeur de Sète (2-0) en profite pour recoller. A la moitié du championnat, Paris, Marseille et Reims comptent le même nombre de points, 23. Lille est à 1 point, Rennes à 2 et Saint-Etienne, quatrième du dernier championnat, à 3.

La valse des leaders se poursuit

Paris reprend un peu d’aise en battant Cannes (3-0) quand Marseille est accroché à Colmar (1-1) et Reims défait par Saint-Etienne (2-3). Les Parisiens connaissent à leur tour un coup d’arrêt devant Montpellier (1-1) alors que l’OM fait parler la poudre et son attaque de feu contre Roubaix-Tourcoing (2-10). Battu par Colmar (1-2), Reims accuse le coup. Le dernier match de l’année est un gros choc entre Marseille et Paris. La confiance est du côté des Marseillais qui s’imposent brillamment par 3 buts à 0. Reims termine l’année 1948 sur une mauvaise note, battu à Lille (2-1), désormais dauphin de l’OM à 1 point. Paris est à 2 points, Rennes à 3 et Reims pointe 5 longueurs de retard.

Lille, qui signe un succès probant contre Colmar (8-0), repasse devant puisque l’OM chute à Nancy (3-2), qui va beaucoup mieux, désormais treizième. Reims réenclenche devant le Red Star (4-0). Un Red Star justement qui se ressaisit en faisant chuter le LOSC (1-0), ce qui permet à l’OM, vainqueur devant Sochaux (3-1), de récupérer le trône. Il ne fait pas bon être leader puisque l’OM craque complètement à Rennes (6-1). Lille, large vainqueur de Metz (5-0) repasse devant. Ces tergiversations lilloises et marseillaises profitent à Rennes et à Reims, revenus en embuscade à 2 points du LOSC.

Reims en boulet de canon

Lille garde le cap en s’imposant à Toulouse (1-4) alors que Marseille perd encore des points, 2-2 face à Nice. Lille chute devant Strasbourg (1-2), l’OM confirme ses difficultés à Sète (1-1). Reims, qui signe devant Cannes (5-2) une cinquième victoire consécutive, en profite pour revenir sur les Lillois à neuf journées de la fin. Lille se reprend bien à Cannes (1-6) alors que Reims entretient sa série à Montpellier (0-1). Marseille retrouve du poil de la tête face à Saint-Etienne (6-1) et reste à 1 point à du duo de tête, au moment de se déplacer à Reims puis de recevoir Lille. Les Marseillais peuvent revenir mais les Rémois sont en pleine confiance et portent leur série à sept victoires consécutives en s’imposant par 2 buts à 0. Lille s’impose à Montpellier (5-0) et peut définitivement mettre l’OM hors course.

Mais l’OM n’abdique pas à la défense de son titre et s’impose devant le LOSC 2 buts à 1 grâce à un doublé de Robin. Reims signe à Roubaix-Tourcoing (1-5) une huitième victoire de rang et prend désormais à six journées du terme, seul les commandes du championnat. Lille est à 2 pts, Marseille à 3 et Rennes à 4. Reims enchaine encore, cette fois devant Paris (1-0) alors que Lille bat le CORT (6-2). Défait sur la pelouse du Red Star (1-0), les derniers espoirs de l’OM s’envolent, comme ceux de Rennes, atomisé à Nice (8-0). Le titre se jouera donc entre Reims et Lille.

Reims et Lille à la lutte jusqu’au bout

Reims signe une dixième victoire consécutive à Nancy (0-1) et se frotte les mains devant la défaite de Lille à Paris (4-3). A quatre journées de la fin, Reims a fait le trou et compte 4 points d’avance sur Lille, 5 sur Marseille et 6 sur Rennes. La belle série de victoire de Reims s’arrête devant Sochaux (2-2). Lille, vainqueur de Nancy (4-0) revient à 3 points et veut encore y croire, ce qui n’est plus le cas de l’OM en roue libre et battu à Toulouse (2-1). La pression d’un premier titre de champion se fait ressentir pour Reims qui perd à Rennes (1-0) et voit Lille, tombeur de Sochaux (1-3) revenir à 1 tout petit point à deux journées de la fin. Le suspense est haletant. Pour le compte de l’avant-dernière journée, Reims reçoit Nice et fait le travail en s’imposant en patron 6 à 1. Lille ne renonce pas et s’impose devant Rennes par 3 buts à 0. Le titre se jouera donc lors de la dernière journée.

Le dimanche 29 mai, les deux équipes jouent à l’extérieur, Reims à Sète et Lille à Nice. Sous un temps orageux mais ensoleillé, les Lillois remplissent leur contrat en s’imposant par 2 buts à 1 (buts de Walter et Baratte pour le LOSC contre un but de Rolland pour l’OGCN). A Sète, le temps lui est beaucoup moins clément, puisqu’il pleut des cordes. Le terrain du Stade Bisset ressemble plus à un marécage qu’à un terrain de football. Tout le monde s’affaire pour tenter de rendre le terrain praticable. Avec quarante-cinq minutes sur l’horaire initialement prévu, alors que la pluie semble s’arrêter et avec l’accord des deux équipes, le match peut débuter. Grâce à une tête de Désiré Koranyi, Sète ouvre le score. Mais la pluie refait son apparition et à la pause, l’arbitre de la rencontre, Monsieur Jeudy, décide d’arrêter la rencontre car le terrain est impraticable. Une décision qui sauve Reims et qui fait un peu râler le LOSC et son capitaine Jean Baratte.

Reims sacré à Sète, Lille encore deuxième

Le match doit donc être rejoué trois jours plus tard, le mercredi 1er juin. Entre les deux matchs, la pluie ne réapparait plus et suite et la pelouse est remise à un état acceptable. Avec la victoire de Lille, Reims n’a d’autres choix que de gagner pour être sacré champion puisque le goal average est à la faveur des Lillois. Un nul ne suffirait pas. L’affaire commence très bien pour Reims qui ouvre la marque à la 3e minute par Pierre Sinibaldi. Mais Sète, qui n’a rien à perdre, égalise dès la 7e minute par Désiré Koranyi. Le match est tendu et accroché. Juste avant la pause, les Rémois reprennent l’avantage grâce à Petitfils. En seconde période, Reims est bousculé mais tient son avantage. On dispute la dernière minute de match quand le Sétois Marcel Tomazover déclenche une lourde frappe. Paul Sinibaldi, le gardien rémois, stoppe le tir et assure la victoire de Reims par 2 buts à 1. Sous les ordres de Henri Roessler, le Stade de Reims décroche ainsi le premier titre de champion de France de son histoire.

Comme la saison précédente, le LOSC échoue donc à 1 point d’un deuxième titre de champion, ce qui marque pour eux une saison noire puisque les Lillois perdent en finale contre le RC Paris leur Coupe de France, qu’ils avaient remporté lors des trois dernières saisons. Dans le bas du tableau, l’AS Cannes qui termine dernier du championnat est rétrogradé en deuxième division. Les Cannois ne seront pas accompagnés du 17e, le RC Strasbourg, mais de Colmar qui abandonne le statut professionnel au terme de la saison. Strasbourg est donc repêché et reste en D1.

L’équipe type du Stade de Reims 1948/1949 : Sinibaldi Paul – Jonquet, Marche – Jacowski, Batteux, Penverne – Bini, Petitfils – Prouff, Sinibaldi Pierre, Flamion 

Classement final :

RANG

EQUIPES PTS J G N P BP BC

MOY

1

Stade de Reims 48 34 22 4 8 90 54 1,667
2 Lille OSC 47 34 21 5 8 102 40

2,55

3

Olympique de Marseille 42 34 18 6 10 95 58 1,638

4

Stade Rennais 41 34 16 9 9 61 49

1,245

5

FC Sochaux-Montbéliard 38 34 16 6 12 74 52

1,423

6

RC Paris 36 34 14 8 12 71 56

1,268

7

OGC Nice 36 34 13 10 11 60 58 1,034
8 AS Saint-Étienne 35 34 13 9 12 68 72

0,944

9

Toulouse FC 34 34 16 2 16 56 53 1,057
10 Stade français-Red Star 32 34 10 12 12 59 72

0,819

11

SR Colmar 31 34 12 7 15 61 78 0,782
12 SO Montpellier 29 34 12 5 17 57 71

0,803

13

CO Roubaix-Tourcoing 29 34 11 7 16 55 89 0,618
14 FC Sète 29 34 10 9 15 34 58

0,586

15

FC Nancy 28 34 11 6 17 53 69 0,768
16 FC Metz 26 34 10 6 18 60 79

0,759

17

RC Strasbourg 26 34 10 6 18 40 68 0,588

18

AS Cannes 25 34 10 5 19 42 62 0,677

Les champions de France 1949 :

Antoine Abenoza (6 matchs)

Albert Batteux (34 matchs/6 buts)

Pierre Bini (34 matchs/22 buts)

Pierre Flamion (30 matchs/15 buts)

André Jacowski (34 matchs)

Robert Jonquet (34 matchs/1 but)

Roger Marche (33 matchs)

Jean Palluch (13 matchs/6 buts)

Armand Penverne (22 matchs)

André Petitfils (32 matchs/10 buts)

Daniel Prince (2 matchs)

Jean Prouff (34 matchs/14 buts)

Noël Sinibaldi (12 matchs/5 buts)

Paul Sinibaldi (28 matchs)

Entraineur : Henri Roessler

Pierre Sinibaldi (26 matchs/8 buts)

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EDF 1947/1948 : Entre exploits et réalité

Retour sur la saison 1947/1948 de l’équipe de France.

Portugal / France (2-4) – Amical – 23 novembre 1947

Composition France : Darui – Grillon, Marche, Prouff, Grégoire – Hon, Alpsteg, Heisserer (cap.) – Baratte, Ben Barek, Vaast

Ernest Vaast

Ernest Vaast

Comme la saison dernière, l’équipe de France débute sa saison par une rencontre face au Portugal. Cette fois, les Français se déplacent et se rendent au Estadio Nacional de Lisbonne. C’est la neuvième fois de son histoire que la France affronte le Portugal. Dans la composition de départ de l’équipe de France, il faut noter le retour de Larbi Ben Barek en meneur de jeu et la première sélection de Louis Hon. Jean Baratte est aligné en position d’avant-centre. Pour le reste, c’est plutôt du classique. Par l’intermédiaire de Fernando Peyroteo, le Portugal ouvre le score à la 32e minute de jeu.

Menés à la pause, les Français réagissent dès le début de la seconde période. D’un tir en demi-volée au coin des six mètres, Ernest Vaast égalise à la 47e minute. Quatre minutes plus tard (51e), Vaast récidive en reprenant un centre d’Alpsteg prolongé par Baratte pour donner l’avantage à la France. Grâce à Antonio Araujo, le Portugal parvient à revenir à hauteur à la 71e minute. Mais Vaast étincele et est présent dans tous les bons coups. A la 77e minute, il redonne l’avantage à l’équipe de France en reprenant de volée une passe de Ben Barek. A la 84e minute, Ben Barek se transforme en buteur et enfonce le clou en inscrivant le quatrième but français d’un tir en demi-volée sur un service en profondeur de Louis Hon. Grâce à ce succès par 4 buts à 2, l’équipe de France confirme son embellie entrevue la saison dernière et signe une quatrième victoire consécutive. C’est la cinquième victoire de l’équipe de France contre le Portugal mais la première à l’extérieur, en terre portugaise.

France / Italie (1-3) – Amical – 04 avril 1948

Composition France : Domingo – Grillon, Marche, Cuissard, Jonquet – Prouff, Alpsteg, Heisserer (cap.) – Baratte, Ben Barek, Vaast

Marcel Domingo

Marcel Domingo

Il faut presque attendre cinq mois pour retrouver l’équipe de France. Les Bleus reprennent du service pour affronter l’Italie, à Colombes. Cette rencontre marque une grande nouveauté puisque pour la première fois, les maillots des joueurs sont numérotés. Pour cette 18e confrontation contre l’équipe d’Italie, les Français sont privés de Julien Darui, forfait, remplacé dans les buts par Marcel Domingo qui fête sa première cape. Robert Jonquet connaît lui aussi les joies d’une première sélection avec ce match. Pour le reste, l’équipe se veut prudente avec Antoine Cuissard et Jean Prouff qui renfocent la défense. Il faut dire que l’Italie réussit peu à la France. En 17 matchs, les Français ont concédé 11 défaites pour 3 nuls et 3 victoires, un constat largement défavorable.

Malgré la prudence affichée dans la composition d’équipe de Gabriel Hanot, les Français connaissent une première période délicate et difficile. A trois reprises, Domingo doit aller chercher le ballon au fond des filets. D’abord une première fois à la 31e minute sur un but de l’attaquant Riccardo Carapellese. Ensuite, à la 36e minute, c’est Guglielmo Gabetto qui inscrit un deuxième but italien. Enfin, à la 39e minute, c’est Riccardo Carapellese qui récidive en marquant un deuxième but personnel. 0/3 à la pause, l’affaire est déjà entendue. Les Français ont le mérité de réduire le score en deuxième période, grâce à un pénalty (tiré deux fois) transformé par Jean Baratte à la 71e minute. La France s’incline par 3 buts à 1 et concède donc une 12e défaite en 18 rencontres face à l’Italie. La belle série de quatre victoires consécutives s’achève.

France / Ecosse (3-0) – Amical – 23 mai 1948

Composition France : Darui (cap.) – Huguet, Marche, Cuissard, Grégoire – Prouff, Sesia, Baratte – Bongiorni, Ben Barek, Flamion

Julien Darui

Julien Darui

Après l’Italie, l’équipe de France doit faire face à un autre adversaire qui ne lui réussit pas, à savoir l’Ecosse. Les deux précédentes confrontations, bien que disputées en France en 1930 et 1932, ont tourné à l’avantage des Ecossais. Hanot décide d’apporter quelques modifications dans sa composition de départ : le Stéphanois Guy Huguet, le Nancéien Georges Sesia et le Rémois Pierre Flamion sont sélectionnés et titularisés pour la première fois. Emile Bongiorni fait également son retour dans l’équipe. En l’absence d’Heisserer, Julien Darui, de retour, récupère le brassard de capitaine. A Colombes, pour ce 177e match de l’histoire de l’équipe de France, la première période est conclue sur un score nul et vierge.

En seconde période, la France enclenche la vitesse supérieure et ouvre la marque à la 55e minute de jeu par Bongiorni, qui, aux six mètres reprend un tir de Ben Barek dévié par un défenseur écossais. La France accélère et double la mise à la 60e minute grâce à Flamion, qui trompe Cowan, le gardien écossais, d’un tir croisé. A la 79e minute, Baratte inscrit le troisième but en reprenant de volée un retourné de Ben Barek à la suite d’un corner frappé par Flamion. Par 3 buts à 0, la France signe une victoire sans grande difficultés, acquise grâce à une belle seconde période. Pour la première fois, la France s’impose devant l’Ecosse.

Belgique / France (4-2) – Amical – 6 juin 1948

Composition France : Darui (cap.) – Huguet, Marche, Cuissard, Grégoire – Prouff, Batteux, Baratte, Biongiorni – Ben Barek, Flamion

Antoine Cuissard

Antoine Cuissard

Quelques jours plus tard, la France se déplace à Bruxelles pour y affronter une vieille connaissance, l’équipe de Belgique. C’est la 38e confrontation entre les deux nations. Face à un adversaire qui présente deux avants-centres (Mermans et Govard), la France choisit aussi d’évoluer avec dans cette configuration en confiant l’attaque à Baratte et Bongiorni. Pour faire face au dispositif belge, Prouff est contraint d’évoluer en défense, au marquage des attaquants belges, alors que Cuissard s’occupe du meneur de jeu Chaves. Mais en début de match, Chaves se joue de son adversaire et de l’organisation française pour ouvrir le score dès la 10e minute de jeu. A la pause, les Français sont menés 1 à 0.

A la reprise, Antoine Cuissard se rattrape en inscrivant le but de l’égalisation (47e). A la 74e minute, Ben Barek reprend d’un retourné du pied gauche un centre du novice Albert Batteux et donne l’avantage à la France. L’avantage est de courte durée puisque dans la foulée (76e), Govard égalise pour la Belgique. A la 85e minute de jeu, Mermans trompe Darui et redonne l’avantage à la Belgique. A la 89e minute, Chaves asseoit le succès belge en inscrivant le quatrième but collectif de son équipe, son deuxième personnel de la rencontre. L’équipe de France est battue pa 4 buts à 2. C’est la 17e défaite de l’équipe de France contre la Belgique (pour 15 victoires et 6 nuls). Avec cette défaite, la France retombe dans ses travers.

Tchécoslovaquie / France (0-4) – Amical – 12 juin 1948

Composition France : Darui (cap.) – Huguet, Marche, Prouff, Cuissard – Hon, Baillot, Batteux – Baratte, Ben Barek, Flamion

Albert Batteux

Albert Batteux

Six jours après son déplacement à Bruxelles, l’équipe de France se rend à Prague pour affronter la Tchécoslovaquie pour terminer sa saison 1947/1948. Historiquement, la Tchécoslovaquie est un adversaire qui ne réussit pas à l’équipe de France. En 8 confrontations, les Français se sont inclinés à 7 reprises. Mais la dernière opposition entre les deux nations, en 1946, a permis à l’équipe de France de signer sa première victoire face aux Tchécoslovaques. Pour tenter de rééditer cette performance, l’équipe de France est réorganisée et disposée en 4-3-3. En défense, Cuissard et Hon occupent les postes d’arrières centraux et se chargent respectivement de Cejp et Maly, les deux avant-centres tchécoslovaques. Au milieu, Prouff est placé au marquage du meneur de jeu Riha tandis que Batteaux et Ben Barek ont pour mission d’organiser les offensives françaises. Dans cette configuration, la France rivalise avec la Tchécoslovaquie. La première période est cependant vierge de but.

La seconde période est en revanche beaucoup plus prolifique et sourit à l’équipe de France. A la 62e minute, Batteux ouvre le score sur un corner direct. Quatre minutes plus tard (66e), Baratte récidive en doublant la mise après une percée de 30 mètres et un tir croisé. A la 74e minute, le Messin Henri Baillot fête sa première cape en reprenant victorieusement de volée un centre de Famion. A la 89e minute, le Rémois Albert Batteux parachève le succès français en inscrivant un troisième but personnel d’un tir de 15 mètres sur un service en retrait de Baillot. Par 4 buts à 0, la France signe, à Prague, une victoire convaincante et de prestige contre la Tchécoslovaquie. Le saison de l’équipe de France se conclut par une troisième victoire en cinq rencontres. Bien que moins convaincante que la saison dernière, cette saison reste une belle saison pour l’équipe de France, qui pour la première fois de son histoire s’est imposée au Portugal et en Tchécoslovaquie, deux exploits remarquables.

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CDF 1947/1948 : Lille voit triple

lille1948

Lille OSC 1947/1948
Dubreucq, Witkowski, Jadrejak, Prévost, Sommerlinck, Bigot, Vandooren, Tempowski, Baratte, Carré, Lechantre

Retour sur la Coupe de France 1947/1948.

Trente-deuxièmes de finale : Lens et Nice font tomber Saint-Etienne et Alès

Les trente-deuxièmes de finale de la 31e édition de la Coupe de France débutent à partir du 2 janvier 1948. Quatre affiches entre équipes de D1 sont au menu. Finaliste malheureux la saison passée, le RC Strasbourg est éliminé par le SO Montpelliérain, qui s’impose par 2 buts à 1. Le choc entre l’Omypique de Marseille et le FC Sète, deux anciens vainqueurs, tourne à l’avantage des Marseillais, qui s’imposent par 5 buts à 2. Autre affiche entre anciens vainqueurs, FC Sochaux-Montbéliard/Red Star. Après deux manches, c’est les Sochaliens qui se qualifient (1-1, 3-0). Le duel entre le Stade Rennais et le CO Roubaix-Tourcoing est particulièrement disputé. Il faut trois matchs aux deux équipes pour se départager. Après un 1-1 et un 2-2, c’est le Stade Rennais qui fait plier les champions de France en titre (3-0).

Côté surprises, le premier gros coup vient de Reims où le RC Lens, équipe de D2, balaie l’AS Saint-Etienne par 3 buts à 0. Autre équipe de deuxième division à faire tomber un cluib de l’élite : l’OGC Nice. Opposés à l’Olympique Alésien, à la peine en D1, les Niçois se qualifient en deux temps (1-1, 5-1). Les qualifications lensoises et niçoises sont les deux grosses surprises de ces trente-deuxièmes de finale.

Les autres clubs de l’élite ne sont pas pris au piège. Double tenant du titre, le Lille OSC s’impose largement (7-0) devant les amteurs de l’EDS Montluçon (DH). Quatre fois vainqueurs de la Coupe, le RC Paris n’a aucune difficulté à se défaire de l’ES Castres (DH). Les Parisiens s’imposent par 7 buts à 2. Opposé à l’US du Mans (D2), le Stade de Reims est sérieux (1-0). Une remarque qui vaut aussi pour le FC Nancy, vainqueur de l’AS Angoulême (D2) par 2 buts à 1. Contre le FC Nantes (D2), le Stade Français doit s’y prendre à deux fois pour obtenir sa qualification (1-1, 1-0). C’est le même scénario pour le FC Metz devant le SA Douai (D2), vainqueur 8 à 0 après un nul initial (1-1). L’AS Cannes-Grasse dispose tranquillement du CO Cholet (DH) par 3 à 0, et le Toulouse FC, par 1 but à 0, passe devant le Paris UC (DH).

Six clubs de l’élite ont donc été éliminés durant ces trente-deuxièmes de finale, ce qui laisse donc 12 clubs de D1 en lice. Battus par des équipes de deuxième division, l’AS Saint-Etienne et l’Olympique Alésien font figures de mauvaises élèves.

Seizièmes de finale : Angers s’offre l’OM

Ces seizièmes de finale sont l’occasion de trois duels entre équipes de l’élite. Par 4 buts à 3, le RC Paris se débarasse de l’AS Cannes-Grasse. Le duel entre le FC Metz et le SO Montpelliérain ne donne d’abord pas de vainqueur (1-1). Le match d’appui tourne largement à l’avantage des Messins (4-0). L’opposition entre le FC Nancy et le Toulouse FC voit la qualification des Nancéiens, vainqueurs 2 à 1.

Ces seizièmes de finale sont surtout marqués par le gros coup réalisé par le SCO Angers (D2). Opposé à l’Olympique de Marseille, détenteur du plus grand nombre de Coupes de France (6), les Angévins ne se laissent pas impressionner et font chuter les Marseillais en deux matchs (3-3, 3-2).

En favori, le Stade Rennais s’impose 4 à 2 devant Nîmes (D2). Dans un choc parisien, le Stade Français ne laisse aucune chance au CA Parsi (D2), en s’imposant par 4 à 0. Le Stade de Reims a plus de difficultés devant Le Havre AC (D2) mais obtient tout de même sa qualification au terme d’un replay (2-2, 3-0). Le FC Sochaux-Montbéliard, lui, est à la fête, devant les amateurs du CS Thilottin (DH). Victoire 6 à 0 pour Sochaux. C’est aussi une formalité pour le LOSC, opposé à l’Olympique Saint-Quentin (DH). Les Lillois s’imposent par 6 à 0.

Troubles-fêtes des trente-deuxièmes de finale, le RC Lens et l’OGC Nice seront présents en huitièmes de finale. Pour cela, les Lensois ont éliminé l’AS Bayeux (DH) par 2 buts à 0 et les Niçois ont disposé par 4 à 2 du Stade Quimpérois (DH).

Les éliminations de Toulouse, Cannes et Montpellier conjuguées à la sortie de route surprenante de Marseille devant Angers laissent huit équipes de première division encore en lice dans cette Coupe de France 1947/1948.

Huitièmes de finale : Lens remet le couvert, Bordeaux surprend Metz

Ces huitièmes de finale ne donnent lieu qu’à une seule confrintation entre deux équipes de l’élite, à savoir l’affiche entre le Stade de Reims et le FC Sochaux-Montbéliard. Par 2 buts à 1, c’est Sochaux qui s’impose et se qualifie.

Parmi les six autres clubs de l’élite opposés à des équipes de divisions inférieures, le FC Metz et le Stade Rennais se font surprendre par des équipes supposées plus faibles. Rennes tombe devant le RC Lens (D2), qui réédite sa performance des trente-deuxièmes de finale de battre une D1. Les Lensois s’imposent par 3 buts à 2. Metz est lui surpris par les Girondins ASP (D2). Les Messins s’inclinent 2 buts à 0 devant le vainqueur de la Coupe de France 1941.

Surprise des seizièmes de finale, le SCO Angers (D2) est stoppé par le double tenant du titre, le Lille OSC (3-1). L’OGC Nice (D2) ne renouvele pas  son exploit des trente-deuxièmes de finale en se faisant éliminer par le RC Paris (1-0). A Strasbourg, le FC Nancy dispose de l’AS Troyes (D2), 2 buts à 1. Opposé à Béthune (DH), le Stade Français n’est pas inquiété (4-0). La seule rencontre ne concernant pas au moins une équipe de D1 oppose le SR Colmar (D2) au FC Gueugnon (DH). Favori, Colmar fait respecter son statut en s’imposant 3-0).

Reims éliminé, Metz et Rennes surpris, ces huitièmes de finale ont fait trois nouvelles victimes parmi les équipes de D1. Cinq équipes de D1 (Lille, Sochaux, Nancy, le Stade Français et le RC Paris) et trois équipes de D2 (Lens, Bordeaux et Colmar) sont encore en compétition.

Quarts de finale : Lens n’est pas rassasié

Les quarts de finale se déroulent le 21 mars. Deux affiches mettent aux prises des équipes de l’élite. A Paris, le Lille OSC et le RC Paris ne peuvent d’abord pas se départager (3-3) et doivent donc rejouer le match. Le LOSC finit par s’imposer 2 buts à 1 et n’abandonne pas sa Coupe. La seconde affiche oppose le FC Nancy au FC Sochaux-Montbéliard. Le duel est moins serré et tourne à l’avantage de Nancy, victorieux 4 buts à 1.

Opposé au Stade Français, le RC Lens (D2) a une nouvelle fois fort à faire. Mais les Lensois, déjà tombeurs de deux équipes de D1 dans cette Coupe, ne se laissent pas impressionner par les Parisiens et signent une nouvelle belle performance en s’imposant par 2 buts à 1. Les Lensois ne seront pas les seuls pensionnaires de deuxième division présents en demi-finale puisque les deux autres clubs de D2 encore qualifiés doivent s’affronter dans ces quarts de finale. Le duel entre Colmar et Bordeaux tourne à l’avantage des Colmariens qui s’imposent par 1 but à 0.

Demi-finales : Lens ne s’arrête pas, quatrième finale consécutive pour Lille

Les demi-finales mettent aux prises les équipes de D1 entre elles (Lille contre Nancy) et les équipes de D2 entre elles (Colmar à Lens).

Le match entre le LOSC et Nancy se déroule à Paris. A la 5e minute de jeu, Marcel Poblomme ouvre la marque pour le FC Nancy. Double tenant du titre, le LOSC ne veut pas lâcher son trophée. Jean Baratte égalise à la 25e minute. Sept minutes plus tard (32e), Roger Vandooren donne l’avantage au LOSC, un avantage qui sera définitif pour le LOSC, vainqueur donc par 2 buts à 1. Pour la quatrième fois consécutive, le LOSC est en finale de la Coupe de France.

La demi-finale entre le SR Colmar et le RC Lens a lieu à Lyon.  Dès la 1ere minute de jeu, Stefan Dembicki – dit Stanis – ouvre la marque pour le RCL. A peine deux minutes plus tard (3e), Stanis récidive et double la mise son club. Le début de match en feu des Lensois est concrétisé par un troisième but signé Jean Mankowski. En début de seconde période (54e), Zopp réduit la marque pour Colmar. Mais, à la 65e minute de jeu, Stanis inscrit son troisième but personnel. En fin de match (88e), Maryan Pachurka inscrit un cinquième but lensois et parachève le succès du RCL, qui s’impose donc par 5 buts à 1. Pour la première fois de son histoire, le RC Lens se qualifie donc pour la finale de la Coupe de France.

Finale : et de trois pour Lille !

Les Lillois avec la Coupe

Les Lillois avec la Coupe

Le 10 mai 1948 à Colombes, la 31e finale de la Coupe de France met donc aux prises les voisins nordistes du Lille OSC et du RC Lens. Double tenant du titre et pensionnaire de l’élite, le LOSC est logiquement favori de cette finale qui l’oppose au finaliste novice lensois. Devant 60 739 spectacteurs, les Lillois sont les premiers à se mettre en évidence. A la 23e minute, servi par Roger Carré, Roger Vandooren trouve l’ouverture d’un tir au ras du poteau droit de Georges Duffuler, le portier lensois. Mais les Lensois ne se découragent et par l’inermédiaire de leur buteur vedette, Stanis (39e), parviennent à revenir à hauteur avant la pause.

Dès le début de la seconde période, le LOSC se détache à nouveau grâce à un but de Jean Baratte, qui reprend victorieusement un tir de Tempowski repoussé des poings par Duffuler (52e). Mais les Lensois peuvent encore compter sur leur génial attaquant Stanis, qui d’un corner direct brossé se charge d’égaliser à nouveau à la 77e minute de jeu. En fin de match (86e), les Lillois reprennent une troisième fois l’avantage au score grâce à un tir croisé de Jean Baratte. Cette fois, les Lensois ne reviendront pas. Par 3 buts à 2, le LOSC remporte une nouvelle Coupe de France, la troisième de suite et de son histoire.

– Composition des équipes finalistes de la Coupe de France 1947/1948 :

Lille OSC : Witkowski – Jadrejak, Prévost, Sommerlinck – Dubreucq, Bigot (cap.) – Tempowski, Carré – Vandooren, Baratte, Lechantre. Entraineur : André Cheuva

RC Lens : Duffuler – Gouillard, Golinski, Melul – Siklo, Ourdouillié (cap.) – Marresch, Pachurka – Mankowski, Stanis, Habera. Entraineur : Nicolas Hibst

La finale de la Coupe de France 1948 :

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D1 1947/1948 : Un deuxième titre pour l’Olympique de Marseille

Olympique de Marseille 1947/1948
Dahan, Scotti, Liberati, Ben Miloud, Bastien, Rodriguez, Martin, Nagy, Bihel, Pironti, Dard

Cette nouvelle saison, la dixième du championnat de France, marque le retour d’une élite à 18 clubs. Le FC Sochaux-Montbéliard réintègre la D1, en compagnie de l’Olympique d’Alès.

Lille, départ en fanfare 

Cette nouvelle saison, la dixième du championnat de France, marque le retour d’une élite à 18 clubs. Le FC Sochaux-Montbéliard réintègre la D1, en compagnie de l’Olympique d’Alès.

Le début de saison est marqué par l’éclatante victoire du LOSC contre le champion en titre, le CO Roubaix-Tourcoing (4-0), dès la 2e journée. Le LOSC signe un excellent début de saison en remportant ses six premières rencontres. La première défaite lilloise a lieu sur la pelouse de l’Olympique de Marseille (4-1). Le Stade de Reims s’empare alors de la tête, avant de la céder à l’AS Saint-Etienne puis de la reprendre.

Après 10 journées et un nul des Rémois contre le C.O.R.T (1-1), le LOSC reprend les commandes. Le choc entre Lille et Reims ne donnant pas de vainqueur (0-0), l’écart reste d’un point en faveur du LOSC. Enchainant une série de quatre matchs sans victoire, le LOSC revoit Reims repasser devant et s’échapper. L’Olympique de Marseille en profite aussi pour s’emparer de la deuxième place. A la moitié du championnat, Reims compte 2 points d’avance sur l’OM et 3 sur le LOSC.

Lille, Reims, Marseille : bataille à trois

Lors de la 21e journée, Marseille parvient à s’imposer contre Reims (1-0). Les Rémois ne conservent qu’un point d’avance sur Lillois et Marseillais. Derrière le RC Paris et le CO Roubaix Tourcoing sont déjà à 4 points de la troisième place. Battu par le Stade Français (0-3) puis par le FC Sète (4-2), Reims accuse le coup. Lille passe en tête à neuf journées de la fin, avec 1 point d’avance sur Reims et 2 sur Marseille.

Lille garde le cap en battant le SO Montpellier (4-1) et l’AS Cannes (0-2) avant son déplacement à Reims. Le choc se conclut par un nul 2-2 qui maintient les Lillois en tête. Si le LOSC bat le Red Star la semaine suivante (2-0), il tombe ensuite à Strasbourg (2-0). Marseille, qui a éclaté l’Olympique d’Alès (8-0) et qui s’est imposé à Sète (1-3), recolle. Reims est à 1 points du duo à quatre journées de la fin. La bataille est intense.

L’OM arrache le nul et le titre à Sochaux

L’OM fait à nouveau parler la poudre contre Roubaix-Tourcoing (6-0) pendant que Lille est accroché par Rennes (1-1) et Reims par Strasbourg (2-2). Lille subit ensuite une correction à Saint-Etienne (8-3). L’OM est accroché sur la pelouse du RC Paris (1-1) alors que Reims s’est imposé à Sochaux (0-3). Rien n’est joué à deux journées de la fin. Marseille tient sa position en s’imposant contre Metz (6-3). Mais comme Reims a battu Toulouse (4-0), le titre se jouera lors de la dernière journée.  Malgré sa victoire contre l’Olympique d’Alès (5-2), Lille ne peut être champion. Marseille et Reims se disputent donc le titre lors de la dernière journée.

En déplacement à Sochaux pour cette dernière journée, l’OM ouvre le score par Pironti à la 39e minute mais dans la foulée, les Sochaliens par Jacques (42e) puis Tichy (43e) renversent la vapeur. L’OM est malmené et mené au score jusqu’à la 85e minute, moment libérateur pour les Marseillais qui égalisent par Bihel. L’OM arrache au final un match nul à Sochaux (2-2),  et grâce à la victoire de Saint-Etienne contre Reims (3-2), les hommes de Guiseppe Zilizzi décrochent le titre de champion de France, le deuxième pour le club après celui de 1937. Lille qui a battu le FC Sète (1-2) termine finalement à la deuxième position, à 1 point des Marseillais.

Dans le bas du tableau, l’Olympique d’Alès (17e) et le Red Star (18e) sont relégués en deuxième division. Avec 31 buts, le lillois Jean Baratte termine meilleur buteur devant le rémois Pierre Sinibaldi (25 buts) et son coéquipier au LOSC Bolek Tempowski (23 buts). Pour l’OM, meilleure attaque du championnat avec 83 buts, le meilleur buteur de la saison est René Bihel, auteur de 15 réalisations. Pour décrocher le deuxième titre de chamoion de l’hisoire de l’Olympique de Marseille, Guiseppe Zilizzi s’est appuyé sur l’équipe type suivante : Libératin – Dahan, Rodriguez, Salem – Bastien, Scotti – G. Dard, Martin, Bihel, Nagy, Pironti.

Classement final :

RANG

EQUIPES PTS J G N P BP BC

MOY

1

Olympique de Marseille 48 34 20 8 6 83 43

1,93

2

Lille OSC 47 34 20 7 7 82 51

1,608

3

Stade de Reims 46 34 20 6 8 73 34 2,147
4 AS Saint-Etienne 41 34 16 9 9 72 58

1,241

5

Stade Français 38 34 15 8 11 68 58 1,172

6

RC Strasbourg 37 34 13 11 10 82 58

1,414

7

RC Paris 37 34 16 5 13 79 64 1,234
8 CO Roubaix-Tourcoing 37 34 15 7 12 62 60

1,033

9

FC Sochaux-Montbéliard 34 34 13 8 13 63 59 1,068
10 Stade Rennais 34 34 13 8 13 56 59

0,949

11

FC Metz 30 34 13 4 17 70 82 0,854
12 FC Nancy 30 34 11 8 15 49 64

0,766

13

Toulouse FC 29 34 13 3 18 50 62 0,806
14 AS Cannes 29 34 10 9 15 47 66

0,712

15

SO Montpellier 28 34 10 8 16 52 67 0,776
16 FC Sète 26 34 77 4 19 59 85

0,694

17

Olympique Alésien 25 34 7 11 16 49 79 0,62
18 Red Star 16 34 6 4 24 30 77

0,39

Les champions de France 1948 :

Rolland Amar (9 matchs)

Emmanuel Aznar (8 matchs/6 buts)

Jean Bastien (32 matchs/1 but)

Salem Ben Miloud (31 matchs/1 but)

René Bihel (29 matchs/15 buts)

Ben Mohamed Bouchaïd (4 matchs)

Emile Dahan (28 matchs)

Georges Dard (26 matchs/12 buts)

Henri Fontaine (1 match)

Dominique Franceschi (1 match)

René Gallian (3 matchs)

Marcel Hadidji (4 matchs)

André-René Latrille (2 matchs/1 but)

Armand Liberati (23 matchs)

Cyril Martin (26 matchs/10 buts)

Andrej Nagy (22 matchs/6 buts)

Félix Pironti (23 matchs/10 buts)

Jean Robin (10 matchs/6 buts)

Sauveur Rodriguez (34 matchs/1 but)

Roger Scotti (34 matchs/5 buts)

Vinko Trskan (6 matchs/4 buts)

Juan Vila (2 matchs)

Miroslav Vratil (14 matchs/2 buts)

Mario Zatelli (2 matchs/1 but)

Entraineur : Guiseppe Zilizzi

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EDF 1946/1947 : L’embellie bleue

Retour sur la saison 1946/1947 de l’équipe de France.

France / Portugal (1-0) – Amical – 23 mars 1947

Composition France : Darui – Grillon, Marche, Cuissard, Swiatek – Prouff, Courtois (cap.), Heisserer – Bilel, Ben Barek, Jacques

René Bihel

René Bihel

L’équipe de France, qui reste sur deux victoires en 1946, retrouve les terrains dix mois après son dernier match contre l’Angleterre. Le 23 mars 1947, au Stade Olympique de Colombes, la France est opposée pour la huitième fois de son histoire au Portugal. L’encadrement de l’équipe de France s’est étoffé. Gaston Barreau est toujours sélectionneur unique mais la préparation physique de l’équipe est confiée à Helenio Herrera. Gabriel Hanot est lui conseiller technique de l’équipe.

Sur le terrain, les Français signent une courte victoire en s’imposant par 1 but à 0. Le but de la rencontre a été inscrit par René Bihel d’un tir croisé à la 41e minute suite à une ouverture de Larbi Ben Barek. Après les succès contre l’Autriche et l’Angleterre en mai 1946, c’est la troisième victoire consécutive pour la France, une performance qu’elle avait réalisée pour la dernière fois en 1940.

Angleterre – France (3-0) – Amical – 3 mai 1947

Composition France : Darui – Swiatek, March, Cuissard, Grégoire – Prouff, Vaast, Tempowski – Bongiorni, Heisserer (cap.), Lechantre

Forte de trois victoires consécutives, c’est confiante que l’équipe de France débarque à Londres le 3 mai 1947 pour y affronter l’Angleterre à Highbury. Contre un adversaire qui ne lui réussit guère (8 défaites pour 2 victoires et 1 nul lors des précédentes confrontations), les Bleus tiennent bon durant la première période, achevée sans aucun but inscrit.

Mais en seconde période, Jean Grégoire, blessé à l’arcade, doit s’exiler sur l’aile droite. Antoine Cuissard passe arrière central. Au milieu, Bolek Tempowski et Oscar Heisserer restent prudents. Mais cette nouvelle organisation fortuite profite à l’Angleterre qui ouvre la marque à la 50e minute par Thomas Finney. Les Bleus accusent le coup et l’Angleterre en profite. Wilfried Mannion (64e) puis Horatio Carter (77e) donnent de l’épaisseur au succès anglais. La belle série française de trois victoires consécutives s’arrêtent donc à Londres.

France – Pays-Bas (4-0) – Amical – 26 mai 1947

Composition France : Darui (cap.) – Jadrejak, Rodriguez, Cuissard, Grégoire – Prouff, Dard, Baratte – Alpsteg, Carré, Vaast

Jean Baratte

Jean Baratte

Dans le courant du mois de mai, le 26, l’équipe de France dispute un nouveau match. Cette fois, c’est les Pays-Bas qui se déplacent à Colombes. Heisserer notamment est absent pour ce match, et remplacé par Roger Carré, qui connaît sa première sélection, tout comme René Alpsteg, qui fête dignement sa grande première en ouvrant le score à la 17e minute.

A la 60e minute, le Lillois Jean Baratte, qui porte la tunique bleue pour la deuxième fois, double la mise pour l’équipe de France. A la 75e minute, c’est également un novice, Georges Dard, qui fête sa première cape par un but. A la réception d’un centre de Vaast, Dard offre à la France un troisième but. A la 86e minute, Jean Baratte s’offre un doublé personnel et clôt la marque en inscrivant le quatrième but français. Après sa défaite contre l’Angleterre à Highbury, l’équipe de France retrouve donc le sourire avec une victoire convaincante.

France – Belgique (4-2) – Amical – 1 juin 1947

Composition France : Darui – Jadrejak, Grillon, Cuissard, Grégoire – Heiné, Dard, Baratte – Alpsteg, Heisserer (cap.), Vaast

Ernest Vaast

Ernest Vaast

Six jours après son succès devant les Pays-Bas, la France enchaine par la réception, toujours à Colombes, de la Belgique. Heisserer fait son retour dans l’équipe et récupère le brassard, confié temporairement à Darui. Les Bleus débutent bien la rencontre en ouvrant la marque dès la 13e minute par Ernest Vaast, qui reprend de la tête un corner d’Heisserer. Mais les Belges répondent rapidement. En effet, 4 minutes après le but de Vaast, Albert De Cleyn égalise pour la Belgique. 1-1, c’est le score à la pause.

Il faut attendre le dernier quart d’heure pour voir le match se décanter. Et de quelle façon ! A la 76e minute, Henri Coppens donne l’avantage à la Belgique. Mais dans la foulée (77e), Jean Baratte égalise à la suite d’une belle percée en solitaire. A la 83e minute, Georges Dard redonne l’avantage à la France en reprenant victorieusement un centre d’Alpsteg. La fin de match est totalement française. Euphoriques, les Français s’offrent un quatrième but dans la minute suivante (84e) grâce à Vaast, le premier buteur de la rencontre. Après le succès convaincant contre les Pays-Bas, l’équipe de France confirme en enchainant une deuxième victoire consécutive avec quatre buts inscrits.

Suisse – France (1-2) – Amical – 8 juin 1947

Composition France : Darui – Jadrejak, Grillon, Prouff, Grégoire – Cuissard, Heiné, Baratte – Alpsteg, Heisserer (cap.), Vaast

René Alpsteg

René Alpsteg

C’est confiante et forte de ces deux succès acquis de haute volée devant les Pays-Bas et la Belgique que la France se déplace à Lausanne, pour y affronter la Suisse, le 8 juin 1947, sept jours après sa victoire devant la Belgique. Pour cette rencontre, la France pratique un WM élastique : Grégoire marque l’avant-centre réel (à tour de rôle Fink ou Tamini), Prouff marque l’autre avant-centre Amado se retrouvant ainsi second arrière central, Cuissard prend le meneur de jeu Bickel qui évolue en retrait sur la droite. Baratte et Heisserer jouent loin de leur ligne d’attaque où Heiné, polyvalent, évolue comme ailier droit.

Dans cette configuration et devant 35 000 spectateurs, la France est surprise. A la 16e minute de jeu, Jacques Fatton ouvre le score pour la Suisse. Mais les Bleus ont des ressources et renversent la vapeur avant la pause. A la réception d’un corner frappé par Heisserer, René Alpsteg égalise pour la France (36e). A la 44e minute de jeu, ce même Alpsteg sert Baratte, qui aux vingt mètres prend sa chance et trompe le portier suisse Erwin Ballbio. En seconde période, aucun but ne sera inscrit et la France décroche donc une nouvelle victoire, sa troisième consécutive. Ce huitième succès de la France en 19 rencontres contre la Suisse conclut surtout une très belle saison française, ponctuée de 4 victoires pour 1 défaites. L’embellie bleue entrevue en fin de saison dernière s’est donc confirmée et laisse présager de bonnes choses pour cette équipe encore jeune.

 

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CDF 1946/1947 : Lille garde la main

lille1947

Lille OSC 1946/1947
Germain, Dubreucq, Jadrejak, Prévost, Sommerlinck, Bigot, Vandooren, Tempowski, Baratte, Ccarré, Lechantre

Retour sur la Coupe de France 1946/1947.

Trente-deuxièmes de finale : Nîmes surprend Sète

Les trente-deuxièmes de finale de la 30e édition de la Coupe de France se déroulent le samedi 4 janvier 1947 et proposent notamment quatre affiches entre des équipes de D1. Le CO Roubaix-Tourcoing, leader en D1, parvient à éliminer le Stade Rennais sur le plus petit des scores (1-0). A Bordeaux, Toulouse arrivent à faire tomber le RC Paris (2-1), pourtant vainqueur à quatre reprises de la Coupe. A Marseille, l’opposition entre Cannes et Montpellier tourne à l’avantage des Cannois, qui s’imposent par 3 buts à 0. Enfin, le choc entre Normands, tous deux à la peine en D1, sourit au Havre qui s’impose 1 à 0 devant Rouen.

Tenant du titre, Lille est facile vainqueur de l’OGC Nice (6-0). Finaliste de la dernière édition, le Red Star ne se manque pas non plus devant l’AS Amicale (4-1). Le Stade de Reims et le RC Strasbourg, qui jouent les premiers rôles en Championnat, n’ont pas de difficultés pour se défaire respectivement de Saumur (9-1) et de Besançon (5-0). En habitué de la Coupe, Marseille bat l’Arago Sports Orléanais (3-1). Bordeaux, vainqueur de la Coupe en 1941, dispose de Belfort (3-0).

 Opposé à Nîmes, équipe de D2, le FC Sète est surpris et s’incline par 1 but à 0. Huitièmes de finaliste surprise la saison dernière, Le Vésinet ne renouvelle pas sa performance et est stoppé par le RC Lens (4-1). Opposé à Amiens, Nancy se qualifie en s’imposant par 3 buts à 1. Metz obtient aussi son billet pour les seizièmes de finale en battant Douai, 4 à 0. Le Stade Français se qualifie face à Saint-Quentin (3-1). Sans soucis, Saint-Etienne s’impose devant Beauvais (9-0).

Des vingt clubs de D1, quinze ont donc obtenu leur qualification pour les seizièmes de finale, mais Sète est la seule équipe de l’élite à s’incliner contre une équipe issue d’une division hiérarchiquement plus faible.

Seizièmes de finale : Le Mans fait tomber Lens

 Disputés le 2 février 1947, les seizièmes de finale proposent trois confrontations entre équipes de D1. A Paris, Lille n’abandonne pas sa Coupe et fait plier par 3 buts à 1 l’AS Saint-Etienne. Contre Toulouse, le CO Roubaix-Tourcoing s’impose par 1 but à 0. L’opposition entre Reims et Nancy est serrée. Les deux équipes se séparent sur un nul 2-2 et doivent se retrouver onze jours plus tard. Par 3 buts à 2, c’est Reims qui obtient sa place pour les huitièmes de finale.

 A Rennes, Strasbourg se qualifie en battant Troyes (3-1). C’est à Strasbourg que le Red Star obtient sa qualification au dépend de Lyon, battu 4 à 2. Contre Colmar, Marseille est tranquille et signe une victoire sans forcer (41). Cannes, qui affronte Nantes, s’impose par 2 buts à 0. Opposé à l’équipe tarnaise de Mazamet, Bordeaux n’est pas inquiété et se qualifie par 4 buts à 1. Contre Niort, le Stade Français obtient lui aussi son billet pour les huitièmes de finale en s’imposant par 5 buts à 2. Le FC Metz a plus de mal contre Alès mais s’impose au final par 4 buts à 3. A la peine en D1, Le Havre se fait plaisir en s’imposant 4 à 0 contre Caen.

 Opposé au Mans, qui évolue en D2, Lens joue le mauvais rôle de ces seizièmes de finale en se faisant éliminer par 2 buts à 1 et en étant comme Sète au tour précédent, la seule équipe de l’élite à perdre devant une équipe d’un échelon inférieur.

 Avec cette élimination lensoise, combiné aux éliminations de Saint-Etienne, Toulouse et Nancy, il reste onze clubs de première division en huitièmes de finale.

 Huitièmes de finale : L’OM et le Red Star hors circuit

Les huitièmes de finale ont lieu le 2 mars 1947. Trois rencontres mettent aux prises des équipes de première division. A Sète, le choc est alléchant entre deux vainqueurs récents de la Coupe, Marseille (en 1943) et Bordeaux (en 1941). L’opposition tourne à l’avantage des Girondins qui s’imposent par 3 buts à 1. A Strasbourg, le CO Roubaix-Tourcoing tombe devant le FC Metz. Les Messins s’imposent 2-1. La confrontation entre Strasbourg et Cannes tournent largement à l’avantage des Strasbourgeois, vainqueurs 5 à 0.

 Opposé au FC Sochaux-Montbéliard, vainqueur de la Coupe en 1937 et champion en 1935 et 1938 mais qui est aujourd’hui en D2, Lille continue sa route et s’impose 5 buts à 2. Tombeur de Lens en seizièmes de finale, Le Mans ne réédite pas sa performance et s’incline par 6 buts à 1 devant le Stade Français.

 A Lyon, le Red Star, cinq fois vainqueur de la Coupe et finaliste sortant, est favori devant l’AS des Charentes, équipe de D2. Mais une nouvelle fois, la Coupe fait déjouer les pronostics. Par 3 buts à 1, l’AS des Charentes s’impose et fait tomber les Audoniens. A Roubaix, Le Havre évite le piège tendu par l’US Valenciennes-Anzin en s’imposant par 1 but à 0. Opposé au SCO Angers, le Stade de Reims est lui aussi sérieux pour une victoire 2-1 et sa qualification.

 Ces huitièmes de finale ont donc fait vaciller l’OM et le Red Star, les deux clubs les plus titrés de la Coupe. Le Red Star a été surpris par l’AS des Charentes, seul club de deuxième division à survivre au milieu des équipes de D1.

 Quarts de finale : L’AS des Charentes fait de la résistance

Les quarts de finale, disputés le 30 mars 1947, sont marqués par le nouvel exploit de l’AS des Charentes. Le seul de D2 encore présent à ce stade de la compétition poursuit son superbe parcours en faisant tomber par 2 buts à 1 le Stade de Reims, qui lutte pourtant pour le titre de champion en D1 (les Rémois finiront deuxièmes derrière le CO Roubaix-Tourcoing).

 Dans les autres affiches, exclusivement entre équipes de l’élite, le LOSC continue de défendre chèrement sa Coupe en éliminant le FC Metz. Les Lillois l’ont emporté par 3 buts à 2. A Lyon, sur le score de 5 à 2, Bordeaux fait tomber Le Havre, toujours à la peine en D1. A Paris, Strasbourg fait tomber le dernier club parisien encore en lice, le Stade Français. Victoire 2 à 1 des Strasbourgeois.

 Demi-finales : Fin de parcours pour l’AS des Charentes

 Les demi-finales ont lieu le 27 avril 1947. A Paris, l’AS des Charentes est opposée au RC Strasbourg. Après avoir éliminé le Red Star et Reims, l’AS des Charentes doit faire face à une troisième équipe de D1. Cette fois, pas d’exploit en vue, Strasbourg s’impose sur le score sans appel de 6 à 0. Woehl a notamment inscrit un triplé. Pour la deuxième fois de son histoire, Strasbourg disputera la finale de la Coupe. En 1937, il y a pile 10 ans, le RCS avait atteint le dernier tour de la compétition mais avait du s’incliner devant le FC Sochaux-Montbéliard.

 A Marseille, Lille, le tenant du titre, est opposé à Bordeaux. Grâce à Carré, Vandooren puis Baratte, les Lillois plient l’affaire en première mi-temps et s’imposent par 3 buts à 0. Pour la troisième année de suite, le LOSC disputera la finale de la Coupe. Défait en 1945 par le RC Paris, Lille avait remporté la Coupe la saison dernière face au Red Star, où jouait alors Robert Germain, le désormais gardien du LOSC.

 Finale : La Coupe reste lilloise

 Le 11 mai 1947, à Colombes, la trentième finale de l’histoire de la Coupe de France oppose le Lille OSC au RC Strasbourg. La finale débute tambour battant. Dès la 29e seconde de jeu, Roger Vandooren ouvre le score pour le LOSC, marquant ainsi le but le plus rapide de toutes les finales de Coupe déjà disputées. Ce but précoce fait mal aux Strasbourgeois. L’attaque alsacienne, qui a marqué 21 buts durant la compétition, reste muette et ne trouve pas la faille face à la défense bien organisée des Lillois.

Quand Joseph Lang trompe son propre gardien à la 70e minute et permet au LOSC de compter deux buts d’avance, la finale est pliée. Par 2 buts à 0, Lille s’impose et remporte pour la deuxième fois de suite la Coupe de France. Dix ans après sa première défaite en finale de la Coupe, Strasbourg doit donc essuyé un nouveau revers.

 – Composition des équipes finalistes de la Coupe de France 1946/1947 :

 Lille OSC : Germain – Jadrejak, Prévost, Somerlinck – Dubreucq, Bigot (cap.) – Tempowski, Carré – Vandooren, Baratte, Lechantre. Entraineur : André Cheuva

 RC Strasbourg : Lergenmuller – Pascual, Mateo, Braun – Heiné, Lang – Heisserer (cap.), Vanags – Heckel, Woehl, Rolland. Entraineur : Emile Veinante

 La finale de la Coupe de France 1947 :

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