DN 1932/1933 : L’Olympique Lillois le pionnier

Olympique Lillois 1932/1933

Olympique Lillois 1932/1933
Défossé, Hochart (Dir), Meuris, Vandooren, Beaucourt, McGowan, Théry, Decottignies, Lutterloch, Barrett, Varga, Winckelmans

La tenue du premier championnat de France de Football fait suite à l’autorisation du statut professionnel voté en 1930 avec mise en application le 1er juillet 1932. La Fédération décide de limiter le statut professionnel à une élite restreinte, où vingt clubs peuvent prendre part au championnat national. Eux seuls pourront évoluer sous statut professionnel en 1932-1933. La Fédération édicte trois règles pour limiter le nombre des candidatures au statut professionnel : avoir eu des résultats probants par le passé, avoir des recettes guichets suffisamment importantes pour équilibrer les finances et recruter au moins huit joueurs sous statut professionnel. Certains clubs refusent par principe le statut professionnel (Stade Français, RC Roubaix, Amiens AC  et RC Strasbourg par exemple), d’autres doivent faire face à des tensions en interne (RC France, Olympique Lillois, Stade Rennais) mais certains y sont favorables et ne se posent pas de questions (SC Fives, OGC Nice, AS Cannes, Olympique de Marseille, FC Sète, SO Montpellérains entre autres).

Deux groupes de dix et une finale au programme

Pour cette première, le Championnat, appelé Division Nationale, est divisé en deux groupes de dix équipes. Pour désigner le champion de France, une finale est programmée entre les vainqueurs de chaque groupe au stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes. Chaque équipe rencontre deux fois chacune des autres équipe de son groupe, une fois à domicile et une fois à l’extérieur. Deux points sont attribués pour une victoire, un point pour un match nul et aucun pour une défaite. En cas d’égalité de points, les équipes sont départagées à la moyenne de buts. Les trois dernières équipes de chaque groupe seront relégués en Division 2, qui prendra forme la saison prochaine. Le coup d’envoi du championnat est donné le 11 septembre 1932.

Groupe A : Lille domine les débats

Dans le groupe A, les dix équipes à prendre part à la compétition sont le Club Français, Hyères FC, l’Olympique Lillois, l’Olympique de Marseille, le FC Mulhouse, l’OGC Nice, le SC Nîmes, le RC Paris, l’EAC Roubaix et le FC Sète. Malgré une première défaite initiale face à l’Olympique de Marseille (1-2), l’Olympique Lillois, entrainé par le Belge Robert De Veen, parvient à se relever et à se dégager rapidement en tête du classement en compagnie, justement, de l’Olympique de Marseille et du FC Sète. Après une victoire contre le FC Sète (4-2) et la première défaite de la saison de Marseille face au Club Français (6-2), les Lillois prennent seuls la tête du groupe.

Les Nordistes ne lâchent ensuite plus le trône malgré une nouvelle défaite face à l’OM lors de la 10ème journée dans un match jugé « scandaleux », à cause de l’expulsion de plusieurs lillois et un score de 7-0. Avec 28 points, et malgré deux autres défaites contre le FC Sète et l’Excelsior Roubaix, l’Olympique Lillois termine premier de ce groupe A avec 5 points d’avance sur l’Olympique de Marseille. En bas de tableau, les trois relégués sont le Club Français, Hyères FC et le FC Mulhouse.

Groupe B : Antibes au cœur d’un scandale

Dans le groupe B, les dix équipes à prendre part à la compétition sont l’Olympique d’Alès, l’Olympique d’Antibes, l’AS Cannes, le SC Fives, le FC Metz, les SO Montpelliérain, le CA Paris, le Red Star, le Stade Rennais et le FC Sochaux. L’Olympique d’Antibes et l’AS Cannes prennent les devants assez vite. Cannes arrive à se détacher en battant (3-0) Antibes mais  les Antibois parviennent à recoller et à passer devant, notamment après un passage à vide de trois matchs sans victoire des Cannois. Mais la défaite de l’Olympique d’Antibes à Montpellier lors de l’avant-dernière journée permet à Cannes de recoller et d’aller jouer une finale du groupe à Antibes.

Mais Antibes profite de l’avantage du terrain pour s’imposer (1-0) et finir premier du groupe. Cependant, l’Olympique d’Antibes est éclaboussé d’un scandale et déclassé pour avoir tenter d’acheter le match décisif de la seizième journée contre le SC Fives (5-0). C’est donc l’AS Cannes qui se qualifie pour la finale de cette première édition du championnat de France. Dans le bas de ce groupe B, le Red Star, le FC Metz et l’Olympique d’Alès terminent aux trois dernières places et sont rétrogradés en Division 2.

Une finale folle

photo de Robert mercier

Robert Mercier, co-meilleur buteur du championnat

La finale du Championnat se déroule au Stade Yves-du-Manoir à Colombes, devant près de 12 000 spectateurs. Sur un terrain gras à cause de la pluie, l’Olympique Lillois parvient à ouvrir le score par Barrett, puis à doubler la mise avant la mi-temps grâce à Varga. Après le repos, l’AS Cannes réussit à réduire le score par Fecchino mais l’Olympique Lillois recreuse l’écart par Winckelmans à un quart d’heure de la fin.

Mais très rapidement, Cannes recolle d’abord grâce à Calecca puis Tournaire. Dans une fin de match folle, Winckelmans parvient à inscrire un second but et offrir le titre à son club. L’Olympique Lillois s’impose donc au final par 4 buts à 3 et devient donc le premier champion de France de l’histoire.

Mercier et Kaiser, les meilleurs buteurs

Pour conquérir le titre, le Belge Robert De Veen s’est appuyé sur un groupe de 17 joueurs. International français, le gardien Robert Défossé a joué un rôle prépondérant dans les bons résultats de son équipe. L’attaquant William Barrett, arrivé de Cannes en 1930, a été précieux par son jeu si caractéristique. Souvent à la limite de la faute, Barrett a énormément pesé sur les défenses adverses. En inscrivant 9 buts, il a été le meilleur buteur de l’OL et un grand artisan du titre. Georges Winckelmans, auteur du but du titre en finale, a également été important tout au long de la saison. Il ne faut pas oublier les internationaux français Jules Vandooren et Jacques Delannoy.

Pour cette première saison du Championnat de France, deux joueurs se partagent le titre de meilleur buteur: l’international français du Club Français Robert Mercier et l’allemand Walter Kaiser du Stade Rennais. Mercier et Kaiser ont tous deux inscrit 15 buts pour leurs clubs.

Classement final Groupe A :

Rang Equipes Pts J G N P BP BC MOY
1 Olympique Lillois 28 18 14 0 4 41 23 1,783
2 Olympique de Marseille 23 18 10 3 5 40 24 1,667
3 RC Paris 21 18 8 5 5 40 36 1,111
4 FC Sète 20 18 8 4 6 32 32 1
5 SC Nîmes 19 18 8 3 7 37 38 0,974
6 Excelsior AC Roubaix 18 18 5 8 5 32 37 0,865
7 OGC Nice 15 18 5 5 8 26 32 0,813
8 Club Français 13 18 5 3 10 43 50 0,86
9 Hyères FC 12 18 4 4 10 22 29 0,759
10 FC Mulhouse 11 18 4 3 11 36 48 0,75

Classement final Groupe B :

Rang Equipes Pts J G N P BP BC MOY
1 Olympique d’Antibes 24 18 10 4 4 39 21 1,857
2 AS Cannes 22 18 8 6 4 37 24 1,542
3 FC Sochaux-Montbéliard 22 18 9 4 5 40 31 1,29
4 SO Montpellier 21 18 9 3 6 37 36 1,028
5 CA Paris 20 18 8 4 6 38 37 1,027
6 Stade Rennais UC 18 18 7 4 7 41 36 1,139
7 SC Fives 17 18 6 5 7 42 48 0,875
8 Red Star  14 18 4 6 8 38 29 1,31
9 FC Metz 13 18 5 3 10 25 51 0,49
10 Olympique Alès 9 18 2 5 11 25 49 0,51

Finale :

Olympique Lillois – AS Cannes : 4-3

– Composition des équipes finalistes du Championnat de France 1932/1933 :

Olympique Lillois : Défossé – Vandooren, Théry – Meuris, McGowan, Beaucourt – Decottignies, Varga, Delannoy, Amard, Winckelmans. Entraineur : Robert De Veen

AS Cannes : Roux – Tourniaire, Nagy – Béraudo, Kvasz, Cler – Calecca, Fecchino, Bardot, Hillier, Cornelli. Entraineur : Billy Aitken

Les champions de France 1932/1933 :

Fernand Amand (12 matchs /3 buts)

William Barrett (13 matchs /9 buts)

Georges Beaucourt (18 matchs)

Urbain Decottignies (10 matchs /4 buts)

Robert Défossé (18 matchs)

Jacques Delannoy (10 matchs /5 buts)

Maurice Deloose (1 match /1 but)

Léon Lubrez (3 matchs)

Bert Lutterloch (13 matchs /7 buts)

Jock McGowan (18 matchs /2 buts)

Georges Meuris (18 matchs)

Jean  Théry (18 matchs)

Guy-Victoir Trusson (1 match)

Jules Vandooren (15 matchs)

Zoltan Varga (12 matchs /5 buts)

Agathon Wattrelot (1 match)

Georges Winckelmans (17 matchs /5 buts)

Entraineur :  Robert De Veen

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A propos jonathanbre

Passionné de ballon rond, ce petit blog me sert à évoquer l'actualité foot à travers mon regard ou mon humeur.
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