CDM 1938 : L’Italie conserve sa couronne

Retour sur la Coupe du Monde 1938.

Une deuxième édition consécutive en Europe

La troisième édition de la Coupe du Monde de football s’est tenue en France du 4 au 19 juin 1938. Pour la deuxième fois consécutive, l’Europe accueille donc la compétition. Contrairement à ce qui s’était passé en Uruguay et en Italie, il n’y a pas de stade flambant neuf pour accueillir le gratin du football. Onze sites sont désignés pour accueillir les rencontres de ce Mondial : le Parc des Princes à Paris, le Stade Yves-du-Manoir à Colombes,  le Stade Vélodrome à Marseille, le Stade de Gerland à Lyon (qui ne sera finalement pas utilisé), le Stade Municipal à Bordeaux, le Stade Auguste Delaune à Reims, le Stade de la Meinau à Strasbourg, le Parc des Sports à Toulouse, le Stade Victor-Boucquey à Lille, le Stade Municipal au Havre et le Stade du Fort Carré à Antibes.

Trente-quatre nations se sont engagées auprès de la FIFA pour participer à la compétition (contre trente-deux en 1934). Cependant,  seulement vingt-trois d’entre elles prendront réellement part à la compétition. Certaines nations décident en effet de déclarer forfait avant le tirage au sort du tour préliminaire, comme les Etats-Unis ou l’Espagne notamment. Du fait d’organiser la compétition de nouveau en Europe, l’Argentine se retire, provoquant des réactions très vives de ses supporters.  L’Uruguay, vainqueur en 1930, déclare également forfait pour la compétition. Seul le Brésil représente donc l’Amérique du Sud grâce à une tombola nationale dont les bénéfices permettent de financer le voyage en Europe. Comme en 1934, une phase éliminatoire est mise en place pour réduire à seize le nombre de participants à la phase finale. Pays organisateur de la compétition, la France est qualifiée d’office, comme l’Italie tenante du titre. C’est d’ailleurs la première fois qu’un champion du monde défend son titre puisque l’Uruguay n’avait pas participé à la Coupe du Monde 1934.

Comme en 1934, la phase finale se déroule par un système à élimination directe, débutant par des huitièmes de finale. La phase finale qui devait se disputer à seize nations se disputent finalement à quinze en raison du retrait de l’Autriche, contrainte par l’Allemagne de ne pas participer, conséquence de l’Anschluss (annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie). Des joueurs autrichiens participent tout de même à la compétition avec l’équipe allemande. De ce fait et sans jouer, la Suède (qui devait affronter l’Autriche en huitième) est qualifiée pour les quarts de finale.

Victorious: The Italy side that won the 1938 World Cup in France, beating Brazil along the way
Italie 1938

Huitièmes de finale : L’Italie évite le piège norvégien, le Brésil et la Pologne enchantent

 Les huitièmes de finale se tiennent les 4 et 5 juin 1938.

Allemagne / Suisse

Le premier match de cette Coupe du Monde 1938 oppose le 4 juin 1938 au Parc des Princes de Paris l’Allemagne à la Suisse. Troisième en 1934, l’Allemagne n’arrive pas à se défaire de la Suisse (1-1 a.p), et doit rejouer la rencontre, qui a été arbitré par le belge John Langenus, arbitre de la finale de la Coupe du Monde 1930 et qui participe à son troisième Mondial. Josef Gauchel avait ouvert la marque pour l’Allemagne mais André Abegglen a remis les compteurs à égalité. Le 9 juin 1934, la deuxième manche tourne à l’avantage des Suisses qui surprennent et éliminent l’Allemagne (4-2), qui menaient pourtant par 2 buts à 0 grâce à Wilhelm Hahnemann et Ernst Lörtscher. Eugène Walaschek, Alfred Bickel et un doublé d’André Abbeglen ont permis à la Suisse de renserver la situation.

Hongrie/Indes Orientales

A Reims, la Hongrie ne fait pas de détails et atomise les Indes Orientales Néerlandaises (6-0), qualifiées directement suite aux nombreux forfaits au tour préliminaire dans sa zone géographique. Wilmos Kohut et Géza Toldi ont ouvert la marque pour la Hongrie avant que György Sarosi et Gyula Zsengeller y aille chacun de leur doublé.

Cuba / Roumanie

A Toulouse, la Roumanie, qui dispute sa troisième Coupe du Monde est opposée à Cuba, un néophyte. Les deux nations ne peuvent se départager (3-3 a.p.) et doivent disputer une seconde manche. Silviu Bindea, Iuliu Baratky et Stefan Dobay ont été les buteurs roumains. Pour Cuba, Hector Socorro a inscrit un doublé, l’autre but étant l’oeuvre de José Magrina. Dans le deuxième match, si la Roumanie ouvre la marque par Stefan Dobay, c’est Cuba qui remporte la confrontation grâce à des buts de Hector Socorro et Tomas Fernandez (2-1).

France / Belgique

 La France, qui évolue donc à domicile, affronte la Belgique. En s’imposant 3-1, grâce à un but d’Emile Veinante (1e) et un doublé de Jean Nicolas (16e, 69e) contre un but de Henri Isemborghs (38e), la France franchit pour la première fois de son histoire la première étape d’une Coupe du Monde.

Italie / Norvège

Tenante du titre, l’Italie est opposée à Marseille à la Norvège. Malgré l’ouverture rapide du score par Pietro Ferraris (2e), les Italiens sont repris en fin de match par un but d’Arne Brustad (83e) et poussés en prolongation. Silvio Piola réussit tout de même à trouver la faille et l’Italie à se qualifier (2-1 a.p.).

Brésil / Pologne

A Strasbourg, le Brésil et la Pologne se livrent un match passionnant et particulièrement prolifique puisque onze buts sont inscrits dans cette rencontre qui voient finalement le Brésil s’imposer par 6 buts à 5. Le Polonais Ernest Wilimowski a inscrit quatre buts et le Brésilien Leônidas en a inscrit trois. José Peracio par deux fois et Romeu ont été les autres buteurs brésiliens alors que Fryderyk Scherfke a incrit le premier but de la Pologne.

Le huitième de finale entre le Brésil et la Pologne :


Tchécoslovaquie / Pays-Bas

Finaliste en 1934, la Tchécoslovaquie confirme son statut en éliminant les Pays-Bas après prolongation par 3 buts à 0 grâce à Josef Kostalek (93e), Oldrich Nejedly (111e) et Josef Zeman (118e).

Suède / Autriche

Suite au forfait de l’Autriche, annexée par l’Allemagne peu de temps avant, la Suède accède aux quarts de finale sans disputer les huitièmes de finale.

France – Italie (1-3)

Quarts de finale : L’Italie sort la France, le combat entre la Tchécoslovaquie et le Brésil

Les quarts de finale se déroulent le 12 juin 1938 à 17 heures.

Italie / France

Les regards sont particulièrement rivés vers Colombes et l’affiche entre la France et l’Italie. Gino Colaussi ouvre rapidement la marque pour l’Italie (9e) mais Oscar Heisserer lui répond immédiatement (10e) pour la France. Mais l’Italie n’est pas championne du monde en titre pour rien et parvient à faire la différence en deuxième période grâce à deux buts de Silvio Piola (51e, 72e). La France est donc éliminée de la Coupe du Monde. C’est la première fois qu’un pays organisateur ne gagne pas le tournoi.

Suisse / Hongrie

Opposée à la Suisse, la Hongrie s’impose par 2 buts à 0 grâce à György Sarosi (40e) et Gyula Zsengeller (89e). C’est la deuxième fois que la Suisse perd en quart de finale après avoir connu pareil sort en 1934.

Suède / Cuba

Tombeur surprise de la Roumanie en huitièmes de finale, Cuba subit une correction contre la Suède (8-0), qui effectue ses débuts dans le tournoi. Harry Andersson et Gustav Wetterström ont chacun inscrit un triplé. Tore Keller et Aren Nyberg ont inscrit les deux autres buts de la victoirefacile des Suédois.

Brésil / Tchécoslovaquie

 A Bordeaux, la Tchécoslovaquie est opposée au Brésil. A la fin du match, les deux équipes se quittent sur un score de parité (1-1 a.p.) mais la rencontre a été particulièrement violente et a fait des dégâts.  Côté tchécoslovaque, Frantisek Planicka et Oldrich Nejedly se font respectivement fracturer le bras droit et la jambe droite. Josef Kostalek se blesse également et doit, comme les Brésiliens Leônidas et José Peracio, eux aussi blessés, sortir du terrain avant la fin de la prolongation. Leônidas a ouvert la marque mais Oldrich Nejedly a égalisé sur pénalty. Deux jours plus tard, le 14 juin 1938, malgré l’ouverture du score par Vlastimil Kopecky, le Brésil s’impose par 2 buts à 1. Leônidas et Roberto ont été les deux buteurs brésiliens.

Demi-finales : La Hongrie défiera l’Italie

Les demi-finales ont lieu le 16 juin 1938.

Hongrie / Suède

Au Parc des Princes, la Hongrie est opposée à la Suède. Malgré l’ouverture du score d’entrée de match par Nyberg pour la Suède (1e), la Hongrie parvient à se qualifier en inscrivant cinq buts (5-1). Gyula Zsengeller inscrit un triplé (19e, 39e, 85e), Titkos (37e) et Sarosi (65e) inscrivent les deux autres buts. Pour la première fois de son histoire, la Hongrie disputera donc la finale de la Coupe du Monde.

Italie /Brésil

L’affiche entre l’Italie et le Brésil se déroule à Marseille. Les Brésiliens ont fait le choix de laisser Leônidas, pourtant buteur dans chaque rencontre du tournoi, au repos dans la perspective de la finale. Tactique infructueuse puisque l’Italie s’impose par 2 buts à 1. Les buts italiens sont inscrits par Colaussi (51e) et Meazza sur pénalty (60). Le but de Romeu en fin de match (87e) ne change rien et n’empêche pas l’Italie de se qualifier pour sa deuxième finale consécutive de Coupe du Monde.

Leônidas

Troisième place : Le Brésil régale une dernière fois

Le 19 juin 1938 à 17 heures, en même temps que la finale , se déroule le match pour la troisième place.

Suède / Brésil

Demi-finalistes malheureux, Suédois et Brésiliens se retrouvent à Bordeaux pour se disputer la troisième place de cette Coupe du Monde. Si la Suède parvient à mener par 2 buts à 0, grâce à Sven Jonasson (28e) et Arne Nyberg (38e), le Brésil fait parler son sens de l’offensive et parvient à renverser la vapeur grâce à Romeu (44e), Leônidas (63e, 74e) et José Peracio (80). Le Brésil s’impose donc par 4 buts à 2 et décroche la troisième place de ce Mondial 1938. Son attaquant Leônidas, véritable révélation de cette Coupe du Monde, termine meilleur buteur de la compétition avec sept buts.

Finale : L’Italie conserve sa couronne

Pozzo, la Coupe et ses hommes

Italie / Hongrie

Le 19 juin 1938 à 17h, l’Italie et la Hongrie prennent donc place sur la pelouse du Stade Yves-du-Manoir de Colombes pour disputer la troisième finale de l’histoire de la Coupe du Monde. Une finale qui démarre tambour battant avec l’ouverture du score dès la 6e minute de Gino Colaussi pour l’Italie. La Hongrie égalise dans la foulée (8e) par Pal Titkos. L’avant-centre Silvio Piola redonne l’avantage aux Italiens à la 16e minute. A la 35e minute, Colaussi récidive et donne un avantage de 3 buts à 1 à l’Italie à la pause. La réduction du score de Gyorgy Sarosi à la 70e minute redonne de l’espoir à la Hongrie, mais Piola, à l’instar de Colaussi, inscrit un doublé à la 85e minute, qui scelle les débats et une victoire par 4 buts à 2 de l’Italie, qui conserve donc sa couronne et devient la première nation à gagner deux fois la Coupe du Monde. La foule française, enthousiaste par cette finale prolifique, salue le nouveau triomphe d’une Italie, qui s’affirme comme une des plus grandes nations de football.

La finale de 1938 :

Les Champions du Monde 1938 :

Gardiens : Carlo Ceresoli, Guido Masetti, Aldo Olivieri

Défenseurs : Alfredo Foni, Eraldo Monzeglio, Pietro Rava

Milieux : Michele Andreolo, Aldo Donati, Mario Genta, Ugo Locatelli, Renato Olmi, Mari Perazzolo, Pietro Serantoni

Attaquants : Sergio Bertoni, Amedeo Biavati, Bruno Chizzo, Gino Colaussi, Giovanni Ferrari, Pietro Ferraris, Guiseppe Meazza, Pietro Pasinati, Silvio Piola

Sélectionneur : Vittorio Pozzo

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A propos jonathanbre

Passionné de ballon rond, ce petit blog me sert à évoquer l'actualité foot à travers mon regard ou mon humeur.
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