EDF 1939-1945 : En marge de la guerre

Retour sur le parcours de l’équipe de France de 1939 à 1945.

France / Portugal (3-2) – Amical – 28 janvier 1940

Composition  France : Hiden – Vandooren, Mattler (cap.), Bourbotte, Jordan – Diagne, Courtois – Hiltl, Koranyi, Heisserer, Veinante

Henri Hiltl

Après une saison 1938/1939 marquée par une embellie sportive, la France retrouve le terrain le 28 janvier 1940 à Paris pour y affronter l’équipe du Portugal. Le match se déroule en pleine période de guerre et les joueurs mobilisés sont libérés par les autorités militaires. Naturalisés français, les ex-internationaux autrichiens Hiden et Hiltl peuvent représenter la France (la FIFA n’interdit pas encore à un joueur de porter le maillot de deux pays et impose seulement un délai de résidence de 3 ans). Etienne Mattler, le capitaine, porte le record de sélections à 46 capes. La tactique est toujours identique à celle définie par Gaston Barreau en 1937 : défense à quatre arrières (Vandooren surveille l’avant-centre, Mattler en couverture, Bourbotte et Diagne marquent les ailiers), le demi-centre Jordan balaye devant la défense et relance le jeu en compagnie d’un inter replié, Heisserer), transformé en second demi-centre offensif. Hiltl joue en pointe et l’équipe est disposée en 4-2-4 pour ce match.

A la 17e minute, c’est la France qui ouvre le score par Heisserer. Koranyi double la mise six minutes plus tard et permet donc à l’équipe de France de rentrer aux vestiaires avec deux buts d’avance. Koranyi s’offre un doublé à la 75e minute en inscrivant le troisième but français. On croit l’affaire entendue mais Peyroteo marque successivement deux buts (83e et 85e) qui relançent la fin de match. La France tient toutefois son avance et s’impose finalement 3 buts à 2.

France / Suisse (0-2) – Amical – 8 mars 1942

Composition France : Darui – Vandooren (cap.), Roessler – Bourboutte, Jordan, Schmitt – Aston, Simonyi, Koranyi, Dupuis, Arnaudeau

Henri Roessler

La guerre continuant de frapper, la France ne retrouve les terrains que le 8 mars 1942, soit plus de deux ans après son dernier match contre le Portugal. A Marseille, l’équipe de France est opposée à la Suisse, avec une sélection qui mixe des joueurs de la zone non occupée et de la zone occupée. Diagne, Aznar et Danzelle sont forfaits pour cette rencontre. Gaston Barreau, le sélectionneur unique, décide de revenir à la tactique du WM : Jordan joue stoppeur sur Knecht, l’arrière gauche Roessler marque Bickel, un faux ailier, Schmitt est opposé à Amado, un inter qui joue en pointe. Au milieu de terrain,  Bourbotte marque le meneur de jeu Walaschek tout en jouant un rôle de second demi-centre d’attaque, Simonyi joue un rôle de meneur de jeu, et, en raison des forfaits, l’arrière Dupuis tient un rôle de relayeur sur la gauche.

Amado ouvre le score pour la Suisse à la 14e minute de jeu. Kappenberger inscrit rapidement un deuxième but suisse (23e) qui entérine le succès de la Suisse (0-2). Après cinq matchs sans revers, la France regoûte donc à la défaite, dont la dernière date du 4 décembre 1938 contre l’Italie à Naples.

Espagne / France (4-0) – Amical – 15 mars 1942

Composition France : Darui – Vandooren (cap.), Mercier – Bourboutte, Jordan, Roessler – Aston, Simonyi, Koranyi, Dupuis, Arnaudeau

André Simonyi

Cette fois, pas besoin d’attendre plus de deux ans pour revoir l’équipe de France. Le 15 mars 1942, soit sept jours après leur défaite contre la Suisse, les Fançais remettent le maillot national pour aller défier l’Espagne chez elle, à Séville.  La France se présente dans une organisation en WM aménagé devant un adversaire qui joue de façon classique.  L’arrière Mercier ne marque pas l’ailier adverse Epi et c’est Roessler qui joue défenseur gauche, tandis que Bourbotte, Simonyi et Dupuis évoluent au milieu comme au match précédent.

Malheureusement pour les Bleus, ce système aménagée ne porte pas ses fruits. Dès la 4e minute, Francisco Campos ouvre la marque pour l’Espagne. A la 38e minute, Mundo double la mise pour les Espagnols. Menée 2 à 0 à la pause, la France ne parvient pas à réagir et au contraire encaissent pour deux nouveaux buts en seconde période, oeuvres de Campos (68e) et d’Epi (85e). La France subit donc en Espagne un lourd revers (4-0).

France / Belgique (3-1) – Amical – 24 décembre 1944

Composition France : Dambach – Frey, Swiatek – Bigot, Bastien, Pironti – Hiltl, Aston (cap.), Simonyi, Baratte, Arnaudeau

Alfred Aston

La guerre n’a toujours pas cessé, il faut attendre deux ans et neuf mois pour revoir l’équipe de France reprendre du service. Après ses deux matchs disputés en mars 1942, l’équipe de France rechausse les crampons le 24 décembre 1944. A Paris, au Parc des Princes, la France est opposée à la Belgique. Maurice Bacquet est désormais adjoint à Gaston Barreau comme préparateur physique. Pour cette rencontre contre la Belgique, la France pratique un WM souple : en défense, Bastien joue comme stoppeur avec l’appui de Pironti, au milieu, Bigot (inter déplacé en demi) et Baratte assurent la liaison alors qu’en attaque Hiltl (ailier droit statique), Aston (inter de pointe) et Simonyi (avant-centre mobile) n’opèrent pas à leur poste habituel.

Dans cette configuration, la France arrive tout de même à tirer son épingle du jeu. Simonyi ouvre le score à la 38e minute. Avant la pause (42e), Arnaudeau reprend victorieusement un centre de Hiltl pour dooubler la mise. A la 79e minute, le capitaine Aston inscrit un troisième but d’une reprise des 20 mètres. Grâce à De Wael à la 83 minute, la Belgique réduit la marque mais c’est bien la France qui s’impoe au final par 3 buts à 1.

Suisse / France (1-0) – Amical – 8 avril 1945

Composition France : Darui – Frey, Dupuis, Jasseron, Jordan – Bigot, Bihel – Aston (cap.), Simonyi, Siklo, Vaast

René Bihel

Quatre mois après son succès contre la Belgique, la France est de retour et se déplace le 8 avril 1945, à Lausanne pour y affronter la Suisse. Gabriel Hanot est adjoint comme conseiller technique au sélectionneur Gaston Barreau. Comme en 1942, lors de la dernière confrontation entre les deux équipes, la Suisse joue le verrou avec un faux ailier (Bickel) et deux avants-centre (Monnard et Friedländer). Quant à elle, la France est disposée en 4-2-4 avec une défense à 2 stoppeurs (Jasseron et Jordan), et deux relayeurs au milieu, (Bigot opposé au meneur de jeu Walaschek et Siklo). Devant, Aston conserve son poste d’inter de pointe, tandis que Bihel est utilisé comme ailier droit.

Malheuresement, dans cette rencontre, l’équipe de France ne trouve pas faille. A la 53e minute, au contraire, c’est la Suisse qui fait trembler les filets grâce à Friedlander, seul but de la rencontre. Comme en 1942, la France s’incline contre la Suisse, cette fois sur le score de 1 à 0.

Angleterre / France (2-2) – Amical – 26 mai 1945

Composition France : Darui – Dupuis, Swiatek, Samuel, Jordan – Jasseron, Aston, Heisserer (cap.) – Bihel, Siklo, Vaast

Ernest Vaast

Ernest Vaast

Le 26 mai 1945, un peu plus d’un mois après sa défaite en Suisse, la France effectue un nouveau déplacement. Cette fois, elle se rend à Londres pour y défier l’Angleterre. La France est disposée dans un 4-3-3 prudent avec une défense à quatre arrières qui pratiquent un marquage individuel (Dupuis sur Smith, Jordan sur Lawton, Jasseron sur Carter et Swiatek sur Matthews). Au milieu, le trio est composé de Heisserer, de Samuel et de Siklo. Devant, Aston (qui retrouve son poste habituel) et Vaast, animent les ailes alors que Bihel est placé en pointe.

La France est cependant rapidement dépassé puisque Horatio Carter ouvre la maque la marque à la 10e minute. A la 21e, l’Angleterre bénéficie d’un pénalty que se charge Leslie Smith mais Julien Daru, le gardien français, l’arrête. Grâce à Vaast (44e), la France égalise juste avant la pause et rentre aux vesiaires sur un socre de parité. Thomas Lawton redonne l’avantage à l’Angleterre à la 79e. Alors que la victoire anglaise paraît acquise, Oscar Heisserer trompe le gardien anglais, Albert Williams, à la 90e minute, et évite à l’équipe de France la défaite (2-2). A noter que ce match n’est pas reconnu officiellement par la Fédération Anglaise (classé war-time).

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A propos jonathanbre

Passionné de ballon rond, ce petit blog me sert à évoquer l'actualité foot à travers mon regard ou mon humeur.
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