EDF 1946/1947 : L’embellie bleue

Retour sur la saison 1946/1947 de l’équipe de France.

France / Portugal (1-0) – Amical – 23 mars 1947

Composition France : Darui – Grillon, Marche, Cuissard, Swiatek – Prouff, Courtois (cap.), Heisserer – Bilel, Ben Barek, Jacques

René Bihel

René Bihel

L’équipe de France, qui reste sur deux victoires en 1946, retrouve les terrains dix mois après son dernier match contre l’Angleterre. Le 23 mars 1947, au Stade Olympique de Colombes, la France est opposée pour la huitième fois de son histoire au Portugal. L’encadrement de l’équipe de France s’est étoffé. Gaston Barreau est toujours sélectionneur unique mais la préparation physique de l’équipe est confiée à Helenio Herrera. Gabriel Hanot est lui conseiller technique de l’équipe.

Sur le terrain, les Français signent une courte victoire en s’imposant par 1 but à 0. Le but de la rencontre a été inscrit par René Bihel d’un tir croisé à la 41e minute suite à une ouverture de Larbi Ben Barek. Après les succès contre l’Autriche et l’Angleterre en mai 1946, c’est la troisième victoire consécutive pour la France, une performance qu’elle avait réalisée pour la dernière fois en 1940.

Angleterre – France (3-0) – Amical – 3 mai 1947

Composition France : Darui – Swiatek, March, Cuissard, Grégoire – Prouff, Vaast, Tempowski – Bongiorni, Heisserer (cap.), Lechantre

Forte de trois victoires consécutives, c’est confiante que l’équipe de France débarque à Londres le 3 mai 1947 pour y affronter l’Angleterre à Highbury. Contre un adversaire qui ne lui réussit guère (8 défaites pour 2 victoires et 1 nul lors des précédentes confrontations), les Bleus tiennent bon durant la première période, achevée sans aucun but inscrit.

Mais en seconde période, Jean Grégoire, blessé à l’arcade, doit s’exiler sur l’aile droite. Antoine Cuissard passe arrière central. Au milieu, Bolek Tempowski et Oscar Heisserer restent prudents. Mais cette nouvelle organisation fortuite profite à l’Angleterre qui ouvre la marque à la 50e minute par Thomas Finney. Les Bleus accusent le coup et l’Angleterre en profite. Wilfried Mannion (64e) puis Horatio Carter (77e) donnent de l’épaisseur au succès anglais. La belle série française de trois victoires consécutives s’arrêtent donc à Londres.

France – Pays-Bas (4-0) – Amical – 26 mai 1947

Composition France : Darui (cap.) – Jadrejak, Rodriguez, Cuissard, Grégoire – Prouff, Dard, Baratte – Alpsteg, Carré, Vaast

Jean Baratte

Jean Baratte

Dans le courant du mois de mai, le 26, l’équipe de France dispute un nouveau match. Cette fois, c’est les Pays-Bas qui se déplacent à Colombes. Heisserer notamment est absent pour ce match, et remplacé par Roger Carré, qui connaît sa première sélection, tout comme René Alpsteg, qui fête dignement sa grande première en ouvrant le score à la 17e minute.

A la 60e minute, le Lillois Jean Baratte, qui porte la tunique bleue pour la deuxième fois, double la mise pour l’équipe de France. A la 75e minute, c’est également un novice, Georges Dard, qui fête sa première cape par un but. A la réception d’un centre de Vaast, Dard offre à la France un troisième but. A la 86e minute, Jean Baratte s’offre un doublé personnel et clôt la marque en inscrivant le quatrième but français. Après sa défaite contre l’Angleterre à Highbury, l’équipe de France retrouve donc le sourire avec une victoire convaincante.

France – Belgique (4-2) – Amical – 1 juin 1947

Composition France : Darui – Jadrejak, Grillon, Cuissard, Grégoire – Heiné, Dard, Baratte – Alpsteg, Heisserer (cap.), Vaast

Ernest Vaast

Ernest Vaast

Six jours après son succès devant les Pays-Bas, la France enchaine par la réception, toujours à Colombes, de la Belgique. Heisserer fait son retour dans l’équipe et récupère le brassard, confié temporairement à Darui. Les Bleus débutent bien la rencontre en ouvrant la marque dès la 13e minute par Ernest Vaast, qui reprend de la tête un corner d’Heisserer. Mais les Belges répondent rapidement. En effet, 4 minutes après le but de Vaast, Albert De Cleyn égalise pour la Belgique. 1-1, c’est le score à la pause.

Il faut attendre le dernier quart d’heure pour voir le match se décanter. Et de quelle façon ! A la 76e minute, Henri Coppens donne l’avantage à la Belgique. Mais dans la foulée (77e), Jean Baratte égalise à la suite d’une belle percée en solitaire. A la 83e minute, Georges Dard redonne l’avantage à la France en reprenant victorieusement un centre d’Alpsteg. La fin de match est totalement française. Euphoriques, les Français s’offrent un quatrième but dans la minute suivante (84e) grâce à Vaast, le premier buteur de la rencontre. Après le succès convaincant contre les Pays-Bas, l’équipe de France confirme en enchainant une deuxième victoire consécutive avec quatre buts inscrits.

Suisse – France (1-2) – Amical – 8 juin 1947

Composition France : Darui – Jadrejak, Grillon, Prouff, Grégoire – Cuissard, Heiné, Baratte – Alpsteg, Heisserer (cap.), Vaast

René Alpsteg

René Alpsteg

C’est confiante et forte de ces deux succès acquis de haute volée devant les Pays-Bas et la Belgique que la France se déplace à Lausanne, pour y affronter la Suisse, le 8 juin 1947, sept jours après sa victoire devant la Belgique. Pour cette rencontre, la France pratique un WM élastique : Grégoire marque l’avant-centre réel (à tour de rôle Fink ou Tamini), Prouff marque l’autre avant-centre Amado se retrouvant ainsi second arrière central, Cuissard prend le meneur de jeu Bickel qui évolue en retrait sur la droite. Baratte et Heisserer jouent loin de leur ligne d’attaque où Heiné, polyvalent, évolue comme ailier droit.

Dans cette configuration et devant 35 000 spectateurs, la France est surprise. A la 16e minute de jeu, Jacques Fatton ouvre le score pour la Suisse. Mais les Bleus ont des ressources et renversent la vapeur avant la pause. A la réception d’un corner frappé par Heisserer, René Alpsteg égalise pour la France (36e). A la 44e minute de jeu, ce même Alpsteg sert Baratte, qui aux vingt mètres prend sa chance et trompe le portier suisse Erwin Ballbio. En seconde période, aucun but ne sera inscrit et la France décroche donc une nouvelle victoire, sa troisième consécutive. Ce huitième succès de la France en 19 rencontres contre la Suisse conclut surtout une très belle saison française, ponctuée de 4 victoires pour 1 défaites. L’embellie bleue entrevue en fin de saison dernière s’est donc confirmée et laisse présager de bonnes choses pour cette équipe encore jeune.

 

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A propos jonathanbre

Passionné de ballon rond, ce petit blog me sert à évoquer l'actualité foot à travers mon regard ou mon humeur.
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