D1 1946/1947 : La gloire du CO Roubaix-Tourcoing

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CO Roubaix-Tourcoing 1946/1947
Lewandowski, Deruelle, Leenaert, Urbaniak, Leduc, Darui, Staho, Grava, Jerusalem, Hiltl, Frutoso, Stricanne

La neuvième saison du Championnat de France se dispute à vingt clubs. Le Stade Français, le FC Nancy, le Toulouse FC et le SO Montpellier intègrent ainsi l’élite. Après trois journées, le RC Strasbourg est la seule équipe à avoir enregistré trois victoires. Les Alsaciens enchainent en battant le Stade Rennais (3-2) et le SO Montpellier (0-1). Les Strasbourgeois tombent pour la première fois lors de la neuvième journée contre le FC Nancy (0-1). Du coup, le CO Roubaix-Tourcoing, qui a enregistré à l’intersaison les arrivées de Lucien Leduc et Camillo Jerusalem, en profite pour s’installer en tête. Après quinze journées, les Nordistes sont toujours devant grâce à leurs onze victoires. Le Stade de Reims est à deux points, le RC Strasbourg à trois et Lille OSC, le champion en titre, est quatrième à quatre longueurs du CORT.

Le CO Roubaix-Tourcoing mène la danse à mi-parcours

A la mi-parcours, les positions sont inchangées. Le CO Roubaix-Tourcoing parvient à garder les devants jusqu’à la vingt-sixième journée. Après s’être incliné contre le Stade Rennais (2-3) la journée précédente, le CORT essuie un second revers consécutif face au Stade Français (1-3). Le Stade de Reims en profite pour s’installer à la première place. Les Rémois restent en haut grâce à quatre victoires et deux nuls. Accroché à Saint-Etienne lors de la trente-deuxième journée (1-1), le Stade de Reims est battu à Montpellier (2-0) au plus mauvais moment. Car dans le même temps, Roubaix-Tourcoing bat Sète (2-1),  le Toulouse FC (1-0) et revient à hauteur juste avant le choc de la trente-quatrième journée.

Un final haletant

Le CO Roubaix-Tourcoing se déplace alors à Reims pour ce qui constitue une finale. En s’imposant par 2 buts à 1, le CORT fait un grand pas vers le titre. Battu au Red Star (2-0), Roubaix-Tourcoing voit Reims recoller après sa victoire contre le Stade Français (5-1). Le final s’annonce haletant. Le CORT bat Rouen (1-0) et voit Reims décrocher en perdant à Marseille (3-2). Le CORT s’impose à Metz (0-1) lors de l’avant dernière journée et à toutes les cartes en main pour devenir champion. C’est chose faite quand les Noirs et Rouges s’imposent à domicile contre Le Havre (1-0).

Grâce notamment au dégagement du gardien de but Julien Darui et à la précision sur coup-franc d’Henri Hiltl, le CORT de l’entraineur Charles Demeillez décroche son premier titre de champion de France avec quatre points d’avance sur le Stade de Reims et le RC Strasbourg. Champion la saison précédente, le LOSC termine à la quatrième position mais remporte pour la deuxième année consécutive la Coupe de France. En raison du passage de la D1 de vingt clubs à dix-huit, quatre équipes sont relégués en D2 : Lens, Bordeaux, Le Havre et Rouen. Avec 33 buts inscrits, l’attaquant su Stade de Reims Pierre Sinibaldi termine en tête du classement des buteurs devant le Messin Kemp (30 buts) et le Lillois Baratte (28 buts).

L’équipe-type du CO Roubaix Tourcoing 1946/1947 : Darui – Deruelle, Laczny, Urbaniak – Lewandoski, Leduc – Frutoso, Sumera – Hiltl, Leenaert, Stricanne

Classement final :

Rang Équipe PTS J G N P BP BC MOY
1 CO Roubaix-Tourcoing 53 38 24 5 9 71 47 1,511
2 Stade de Reims 49 38 22 5 11 72 40 1,8
3 RC Strasbourg 49 38 21 7 10 79 50 1,58
4 Lille OSC 47 38 20 7 11 89 52 1,712
5 Stade Français 46 38 19 8 11 72 58 1,241
6 Olympique de Marseille 45 38 17 11 10 69 55 1,255
7 Red Star 39 38 15 9 14 56 61 0,918
8 AS Cannes 38 38 17 4 17 57 66 0,864
9 Stade Rennais 38 38 16 6 16 67 78 0,859
10 FC Metz 37 38 12 13 13 93 75 1,24
11 AS Saint-Étienne 37 38 13 11 14 71 84 0,845
12 FC Nancy 36 38 13 10 15 62 59 1,051
13 FC Sète 35 38 12 11 15 65 79 0,823
14 Toulouse FC 34 38 15 4 19 70 80 0,875
15 RC Paris 33 38 14 5 19 76 80 0,95
16 SO Montpellier 33 38 14 5 19 59 71 0,831
17 RC Lens 31 38 12 7 19 67 72 0,931
18 Girondins de Bordeaux 31 38 12 7 19 58 81 0,716
19 Le Havre AC 25 38 9 7 22 44 83 0,53
20 FC Rouen 24 38 7 10 21 37 63 0,587

Les champions de France 1947 :

Julien Darui (37 matchs)

Georges Deruelle (38 matchs)

Michel Frutoso (34 matchs/6buts)

Roger Grava (34 matchs/10 buts)

René Henry (4 matchs/1 but)

Henri Hiltl (36 matchs/25 buts)

Camillo Jerusalem (24 matchs/2 buts)

Jean-Jacques Kretzschmar (11 matchs/5 buts)

Lucien Leduc (35 matchs/2 buts)

Jacques Leenaert (24 matchs/10 buts)

Michel Lewandowski (29 matchs/1 but)

Roger Maes (1 match)

Stanislas Staho (32 matchs)

Marceau Stricanne (17 matchs/8 buts)

Stanislas Sumera (26 matchs)

César Urbaniak (36 matchs)

Entraineur : Charles Demeillez

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EDF 1945/1946 : Retour à la vie normale

Retour sur la saison 1945/1946 de l’équipe de France.

Autriche / France (4-1) – Amical – 6 décembre 1945

Composition France : Darui – Dupuis, Salva, Samuel, Jordan – Bastien, Aston (cap.), Siklo – Bongiorni, Ben Barek, Vaast

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Alfred Aston

La guerre étant terminé, le championnat de France a repris et l’équipe de France peut elle aussi retrouver une « vie » normale. Pour son premier match post-guerre, la France se déplace à Vienne pour y affronter l’équipe d’Autriche, le 6 décembre 1945. Une nouvelle fois, la France est disposée en 4-3-3 avec une défense Dupuis-Jordan-Bastien-Salva et un milieu Siklo-Ben Barek-Samuel. Les Bleus commencent la rencontre idéalement en ouvrant la marque dès la 8e minute par Bongiorni, qui honore sa première sélection comme Salva, qui reprend un centre d’Aston.

Cependant, la suite se gâte pour les Français. Karl Decker égalise à la 14e minute. A peine deux minutes après, le même Decker se joue à nouveau de la défense française pour donner l’avantage à l’Autriche (16e). La seconde période confirme la domination autrichienne. Leopold Neumer inscrit le troisième but de son équipe à la 53e minute. A la 78e minute, Decker s’offre un triplé et parachève la victoire de l’Autriche, qui triomphe donc de la France par 4 buts à 1.

Belgique / France (2-1) – Amical – 15 décembre 1945

Composition France : Darui – Dupuis, Salva, Samuel, Braun – Ourdouillié, Aston (cap.), Siklo – Bongiorni, Ben Barek, Vaast

Neuf jours après sa déroute autrichienne, le 15 décembre 1945, l’équipe de France se déplace à nouveau, cette fois, à Bruxelles, pour y affronter une vieille connaissance, la Belgique. La France est toujours disposée en 4-3-3 avec deux stoppeurs, Braun et Ourdouillié qui se chargent des attaquants Gillaux et Mermans. Au milieu et en attaque, les mêmes hommes que contre l’Autriche sont reconduits.

La première mi-temps n’est pas à l’avantage des Français. François Sermon ouvre le score pour la Belgique à la 19e minute. A la 33e minute, Sermon repasse le plat et double la mise. Ballotée, la France trouve les moyens de réagir en fin de match. Le capitaine Aston réduit la marque à la 77e minute, mais ce but ne suffit pas aux Français pour revenir et les Bleus concèdent une défaite par 2 buts à 1 à la Belgique.

France / Tchécoslovaquie (3-0) – Amical – 7 avril 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Bihel, Ben Barek, Vaast

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Ernest Vaast

Pour son premier match de l’année 1946, l’équipe de France reçoit le 7 avril au Stade Olympique de Colombes, l’équipe de Tchécoslovaquie. La France pratique dans cette rencontre un WM aménagé, avec trois arrières (Grillon, Cuissard et Salva), trois demi-défensifs (Prouff, Heisserer et Leduc), un meneur de jeu (Ben Barek) et trois attaquants (Aston, Bihel et Vaast). Principale menace offensive, le tchécoslovaque Rudolf Smejkal est surveillé de près par Heisserer

A la 15e minute, Ernest Vaast permet à la France d’effectuer la course en tête en reprenant victorieusement un corner d’Aston qui a ricoché sur Ben Barek. Il faut attendre la fin de match pour voir les Français faire définitivement la différence. Suite à un débordement d’Aston et une passe d’Heisserer, Vaast inscrit un deuxième but à la 75e minute. Huit minutes plus tard (83e), Heisserer bien servi par Aston triple la mise. Les Bleus s’imposent donc devant les Tchécoslovaques par 3 buts à 0 et mettent fin à une série de quatre matchs sans victoires.

Portugal / France (2-1) – Amical – 14 avril 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Bihel, Ben Barek, Vaast

Sept jours après sa victoire devant la Tchécoslovaquie, la France se rend à Lisbonne pour y affronter le Portugal. C’est exactement le même onze de départ que contre les Tchécoslovaques qui est reconduit en ce dimanche 14 avril 1946. A la 33e minute, Marcel Salva se blesse à l’arcade et sort du terrain jusqu’à la fin de la première mi-temps. Quelques minutes après, c’est Heisserer qui se blesse et doit laisser temporairement ses coéquipiers à 9 contre 11. En double infériorité numérique, les Bleus cèdent et encaissent un but d’Antonio Araujo. Ce but permet au Portugal de mener 1 à 0 à la pause.

Au retour des vestiaires, la France évolue de nouveau à 11 contre 11. A la suite d’un centre-tir de Ben Barek repoussé par le gardien portugais Joao Azevedo, Ernest suit bien et égalise pour la France à la 68e minute. Malheureusement, les Bleus ne maintiennent ce score de parité que 4 petites minutes, le temps qu’il faut à Fernando Peyroteo pour redonner l’avantage aux Portugais (72e). Malgré le temps restant, les Français ne parviennent pas à recoller au score et sont donc battus par 2 buts à 1, retombant ainsi dans leurs travers.

France / Autriche (3-1) – Amical – 5 mai 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Bihel, Ben Barek, Vaast

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Lucien Leduc

Trois semaines après sa défaite au Portugal, le 5 mai 1946, l’équipe de France retrouve la pelouse de Colombes pour s’offrir une revanche contre l’Autriche, victorieuse des Français quelques mois plus tôt. L’équipe de départ est identique à celle alignée contre la Tchécoslovaquie et le Portugal. A la 23e minute, l’équipe de France est prise à défaut et concède l’ouverture du score à Willi Hahnemann. C’est menée 0-1 que la France termine la première période.

Heureusement, en seconde mi-temps, la France affiche un autre visage. Sur une passe de Bihel, Vaast égalise à la 66e minute. A la 83e minute, c’est sur un corner direct d’Heisserer que les Bleus prennent l’avantage. A la 86e minute, sur un corner frappée par Vaast, Leduc vient placer sa tête gagnante, qui entérine le succès par 3 buts à 1 de l’équipe de France.

France / Angleterre (2-1) – Amical – 19 mai 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Sinibaldi, Ben Barek, Vaast

Quelques jours après sa victoire contre l’Autriche, la France est de retour à Colombes le 19 mai 1946 pour y affronter une bonne connaissance, l’Angleterre. Pour cette rencontre, il faut noter un seul changement par rapport aux trois derniers matchs de l’équipe de France, la titularisation de Pierre Sinibaldi à la place de René Bihel. Devant plus de 58 000 spectateurs, il faut attendre la seconde période pour voir des buts.

A la 54e minute, sur un centre-tir lobé, Jean Prouff ouvre la marque pour les Français. A la 78e minute, à la suite d’un centre de Ben Barek que relâche Albert Williams, le portier anglais sous la pression de Sinibaldi, Vaast pousse le ballon au fond des filets, pour donner une avance de deux buts à la France, que l’on croit définitive. Mais dans la foulée, James Hagan réduit la marque pour les Anglais (80e). Malgré cette réduction du score, l’Angleterre ne parvient pas à égaliser et la France s’impose par 2 buts à 1, dans une rencontre toutefois pas reconnue officiellement par la Fédération Anglaise. Grâce à ce succès, l’équipe de France signe deux victoires consécutives, une performance qu’elle n’avait plus réussi à réaliser depuis mai 1939 (victoires en Belgique et au Pays de Galles).

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CDF 1945/1946 : Le LOSC tient sa première Coupe

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Lille OSC 1945/1946
Berry (Entr), Bourbotte, Jadrejak, Prévost, Somerlinck, Carré, Hatz, Grimonpon, Vandooren, Baratte, Bihel, Tempowski, Lechantre

Retour sur la Coupe de France 1945/1946.

Trente-deuxièmes de finale : Le CO Roubaix-Tourcoing, le Stade de Reims et le FC Metz prennent la sortie 

Sur les 18 clubs de première division, 17 sont présents lors de ces trente-deuxièmes de finale. Seul manquant à l’appel, l’AS Saint-Etienne, battu au tour précédent par Annemasse (1-0).

Tenant du titre, le RC Paris s’impose devant l’US Ruch de Carvin (4-2). Finaliste malheureux la saison dernière, le LOSC élimine l’AS Raismes (3-0). Détenteurs du plus grands nombres de trophées (6), l’Olympique de Marseille brille devant l’AS Monaco (6-1). Le Red Star passe aussi devant l’US Tourcoing (‘6-2). D’autres anciens vainqueurs de la Coupe se qualifient aussi : c’est le cas de Bordeaux devant Niort (2-1), de Sète face à Béziers (6-1), de Sochaux contre Mulhouse (2-0) et de Cannes devant Avignon (5-2).

Rennes (3-1 contre l’AS Parisienne du Cinéma), Lens (5-0 contre Auchel), Lyon (2-0 devant Nice), Strasbourg (2-1 face à Besançon), Rouen (2-0 contre l’AS Amicale) et Le Havre (2-0 devant Paris UC) se qualifient également pour les seizièmes de finale. Trois clubs de l’élite se font surprendre lors de ce tour : le CO Roubaix-Tourcoing par Le Vésinet (2-1), le Stade de Reims par l’Arago Sports Orléanais (2-1) et le FC Metz par Colmar (1-0).

Seizièmes de finale : Le Vésinet et Colmar refont le coup

Les seizièmes de finale marquent les premières confrontations entre équipes de D1. Ainsi, Rouen élimine Lens (2-0) et Marseille sort Le Havre après deux matchs (2-2, 1-0). Déjà tombeurs d’une D1 au tour précédent, Le Vésinet et Colmar refont le coup en sortant respectivement Rennes (2-1) et Strasbourg (3-2).

Poussé à jouer un replay, le RC Paris ne lâche pas sa Coupe et parvient à venir à bout d’Angers (2-2, 3-0). Lille se qualifie également devant Nancy (3-2). Le Red Star est sérieux devant l’AS des Charentes (5-2), comme Cannes devant Amiens (2-0) et Sète face à Brive (4-0). Bordeaux, tombeur du CA Paris (2-1) et Sochaux, vainqueur de Montpellier (1-0) avancent également.  Quart de finaliste l’an passé, l’Arago Sports Orléanais ne réedite pas sa performance, battu après trois matchs par le Stade Français (1-1, 1-1, 2-1).

Huitièmes de finale : Le Vésinet et Colmar s’arrêtent là

Equipe surprise de cette 29e édition de la Coupe de France, Le Vésinet est éliminé par Clermont-Ferrand après prolongation (2-1 a.p.). Colmar, tombeur de Metz et Strasbourg, dépose aussi les armes devant le RC Paris (4-3).

Ces huitièmes de finale marquent aussi quatre affrontements entre équipes de l’élite. Lille se défait de Rouen (1-0), Bordeaux stoppe Sète (3-1), le Red Star s’impose devant Cannes (3-1) et Marseille élimine Sochaux (2-1). Contre Le Mans, Lyon fait respecter la hiérarchie (2-1). Le duel entre équipes de D2 tourne à l’avantage du Stade Français devant Toulouse (2-0).

Quarts de finale : Lille prend sa revanche sur Paris 

Les quarts de finale marquent la revanche de la finale de la saison dernière entre le RC Paris, le vainqueur, et le LOSC, le finaliste malheureux. Finale avant la lettre, le choc tourne cette fois à l’avantage des Lillois, qui grâce notamment à un retourné acrobatique de Bihel, sortent le tenant (2-1).

Opposé au Stade Français, l’Olympique de Marseille se fait surprendre (3-1) et quitte donc la Coupe. La deuxième division brille dans cette Coupe puisque, comme le Stade Français, Clermont-Ferrand se joue d’une D1 dans ces quarts de finale, en l’occurence Bordeaux (4-1). L’affiche entre le Red Star et Lyon tourne à l’avantage des Parisiens qui s’imposent par 2 buts à 0.

Demi-finales :  Sixième finale pour le Red Star, deuxième pour Lille 

Les demi-finales voient Lille opposer à Clermont-Ferrand et le Red Star au Stade Français. Les deux équipes de D1 font respecter la hiérarchie. Les Lillois surclassent les Auvergnats par 7 buts à 1. Finaliste déçu la saison dernière, le LOSC se qualifie pour la deuxième fois de son histoire pour la finale de la Coupe.

Le duel parisien tourne lui à l’avantage du Red Star, qui s’impose par 3 buts à 2 devant le Stade Français. C’est la sixième fois que le Red Star se retrouve en finale de la Coupe. Lors de ses cinq finales disputées, le club parisien s’est imposé à chaque fois. Voilà le LOSC prévenu.

Finale : Lille s’offre le doublé

téléchargement (3)La finale entre le Red Star et le LOSC a lieu le 26 mai 1946 à Colombes, devant près de 60 000 spectateurs. Les deux équipes utilisent le système en WM. Le Red Star base son jeu sur la contre-attaque, avec trois avant repliés chargés d’alimenter le duo Aston-Simonyi. En face, le LOSC est privé des services de Jules Bigot, blessé, mais il est remplacé par Marceau Sommerlynck, qui n’avait pas pu la disputer la finale de 1945 pour cause de blessure.

Grâce à Bolek Tempowski (13e), c’est Lille qui ouvre le score dans cette finale. Quelques minutes plus tard, René Bihel fait à son tour trembler les filets de Robert Germain (24e) pour donner un avantage de deux buts aux siens. Le Red Star, par l’intermédiaire d’Albert Moulet se relance au retour des vestiaires (47e), mais les Lillois se détachent à nouveau quatre minutes plus tard quand Roger Vandooren inscrit le troisième but de son équipe (51e). A la 69e minute, Lucien Leduc redonne espoir aux Parisiens en inscrivant le cinquième but de la rencontre. Mais la finale bascule définitivement du côté des Nordistes quand Vandooren inscrit un deuxième but personnel et un quatrième but collectif pour le LOSC. C’est le premier échec en finale pour le Red Star. Vainqueur par 4 buts à 2, le LOSC fête sa première Coupe de France et sa saison en tout point réussi, puisque le club est aussi sacré champion de France 1946.

– Composition des équipes finalistes de la Coupe de France 1945/1946 :

Lille OSC : Hatz – Jadrejak, Prévost, Sommerlinck – Bourbotte (cap.), Carré – Baratte, Tempowski – Vandooren, Bihel, Lechantre. Entraineur : George Berry

Red Star : Germain – Planquès, Mindonnet, Nuevo, Bersoullé (cap.), Leduc – Kadmiri, Lozia – Aston, Simonyi, Moulet. Entraineur : Edmond Delfour

La finale de la Coupe de France 1946 :

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D1 1945/1946 : Lille OSC, la machine de guerre

De 1939 à 1945, la France du football est handicapée par la guerre. Les combats, le gouvernement de Vichy, les bombardements puis le désordre des premiers mois suivant la libération gênent la mise en place d’un championnat digne de ce nom. Des championnats de guerre ont cependant lieu. La compétition se déroule par zones géographiques et couronnent des champions, quand les compétitions peuvent s’achever. Ces titres ne figurent cependant pas au palmarès de la compétition ni à celui des clubs.

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Lille OSC 1945/1946
Berry (Entr), Bourbotte, Jadrejak, Prévost, Somerlinck, Carré, Hatz, Grimonpon, Vandooren, Baratte, Bihel, Tempowski, Lechantre

La réfonte de la D1 à l’ordre du jour

A l’été 1945, avant la reprise officielle du Championnat, la réfonte de la Division 1 est la priorité de la fédération. Des clubs ont fusionné pendant la guerre. C’est le cas de l’Olympique Lillois et du SC Fives au sein du Lille OSC mais aussi des deux clubs de Roubaix (le Racing  et l’Excelsior) avec l’US Tourcoing pour former le CO Roubaix-Tourcoing. Des places sont donc vacantes surtout que le championnat est élargi à dix-huit clubs.  La fédération s’appuie sur les résultats du dernier championnat pour admettre les clubs de Lyon OU, des Girondins de Bordeaux et du Stade de Reims. Le Red Star et le Stade Rennais réintègrent également l’élite. Le championnat peut enfin reprendre.

Saint-Etienne en tête à mi-parcours

Dès le début de saison, Lille se dégage en tête en remportant ses quatre premières rencontres. Après onze journées et un nul au CO Roubaix-Tourcoing (1-1), Lille cède la tête à Saint-Etienne. Mais les Verts s’inclinent lourdement à Lens (6-1), qui truste aussi le haut du tableau, et Lille reprend la pôle. Mais le LOSC craque à nouveau, défait à Rouen (2-1) et l’ASSE en profite et enchaine bien. A mi-parcours, Saint-Etienne est en tête avec deux points d’avance sur Lille et trois sur le RC Lens.

Quand Saint-Etienne perd à Rouen (2-1), le LOSC en profite instantanément. En enchainant cinq victoires consécutives, Lille fait un peu le trou. Mais en subissant deux défaites, contre le Stade Rennais (2-5) et sur la pelouse du  RC Paris (2-1), les Lillois voient Lens et Saint-Etienne revenir à deux points. Le choc à venir entre Lille et Saint-Etienne prend alors une importance capitale.

Le LOSC corrige l’ASSE

Lille inflige une déroute aux Stéphanois (8-0) et devient le grand favori. Pourtant, le LOSC commence à marquer le pas dans le sprint final et voit Saint-Etienne (désormais son seul rival puisque le RC Lens a subi trois défaites consécutives), recoller et même reprendre la tête à quatre journées de la fin. Lors de la 32e journée, le RC Paris donne un coup de pouce au LOSC en battant l’ASSE (4-1). La lutte est intense entre Lillois et Stéphanois. A deux journées de la fin, Lille a 1 point d’avance sur Saint-Etienne. Lille est accroché à Reims (1-1), qui finit quatrième, mais Saint-Etienne ne gagne pas non plus chez son voisin lyonnais (3-3), qui sera pourtant relégué avec Sochaux, triste dernier. Le LOSC a les cartes en main pour finir champion.

Le triomphe du LOSC

Grâce à sa victoire contre le Red Star (3-1), le LOSC décroche officiellement son premier titre de champion. Saint-Etienne échoue à 1 point. Emmené par George Berry et présidé par Louis Henno, le LOSC réalise un fabuleux doublé en remportant la finale de la Coupe de France à Colombes face au Red Star (4-2) grâce à un doublé de Roger Vandooren  et des buts de Bolek Tempowski et René Bihel, le meilleur buteur du championnat avec 28 réalisations. C’est donc une magnifique saison qui se conclut pour Baratte, Bourbotte, Lechantre, Prévost et compagnie, qui n’ont rien laissé à leurs adversaires, permettant ainsi au LOSC de devenir une « machine de guerre », nouveau surnom affublé au club et à cette équipe triomphante.

L’équipe type du Lille OSC 1945/1946 : Hatz – Jadrejak, Prévost – Sommerlinck – Bourbotte (cap.), Carré – Baratte, Tempowski – Vandooren, Bihel, Lechantre.

Classement final :

Rang

Équipe PTS J G N P BP BC MOY

1

Lille OSC 45 34 19 7 8 89 44 2,023

2

AS Saint-Etienne 44 34 20 4 10 86 68 1,265

3

CO Roubaix-Tourcoing 41 34 15 11 8 60 38 1,579
4 Stade de Reims 40 34 15 10 9 68 48 1,417
5 Stade Rennais 37 34 13 11 10 57 52 1,096
6 RC Lens 36 34 14 8 12 72 57 1,263
7 FC Rouen 36 34 14 8 12 53 47 1,128
8 RC Paris 35 34 16 3 15 56 52 1,077
9 Olympique de Marseille 34 34 12 10 12 70 65 1,077
10 AS Cannes 34 34 12 10 12 52 56 0,929
11 Red Star 33 34 12 9 13 63 60 1,05
12 RC Strasbourg 33 34 13 7 14 53 62 0,855
13 FC Sète 32 34 13 6 15 63 65 0,969
14 Girondins de Bordeaux 31 34 11 9 14 65 66 0,985
15 Lyon OU 31 34 11 9 14 52 78 0,667
16 Le Havre AC 30 34 13 4 17 48 68 0,706
17 FC Metz 25 34 10 5 19 40 77 0,519
18 FC Sochaux-Montbéliard 15 34 4 7 23 35 79 0,443

Les champions de France 1946 :

Jean Baratte (30 matchs / 19 buts)

René Bihel (26 matchs / 28 buts)

Jules Bigot (10 matchs)

François Bourbotte (34 matchs)

Roger Carré (20 matchs)

Marcel Dietrich (1 match)

Albert Dubreucq (4 matchs)

Jacques Grimonpon (8 matchs)

Georges Hatz (21 matchs)

Joseph Jadrejak (26 matchs)

Jean-Jacques Kretzschmar (8 matchs / 3 buts)

Roger Lacaze (5 matchs / 2 buts)

Jean Lechantre (33 matchs / 9 buts)

Jean Mathieu (2 matchs)

Emilien Méresse (4 matchs)

Jean-Marie Prévost (31 matchs / 1 but)

Casimir Stéfaniak (13 matchs)

Marceau Somerlinck (26 matchs / 1 but)

Bolek Tempowski (21 matchs / 17 buts)

Henri Tessier (24 matchs / 6 buts)

Roger Vandooren (12 matchs / 3 buts)

Maïk Walter (2 match)

Félix Witkowski (13 matchs)

Entraineur : George Berry

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EDF 1939-1945 : En marge de la guerre

Retour sur le parcours de l’équipe de France de 1939 à 1945.

France / Portugal (3-2) – Amical – 28 janvier 1940

Composition  France : Hiden – Vandooren, Mattler (cap.), Bourbotte, Jordan – Diagne, Courtois – Hiltl, Koranyi, Heisserer, Veinante

Henri Hiltl

Après une saison 1938/1939 marquée par une embellie sportive, la France retrouve le terrain le 28 janvier 1940 à Paris pour y affronter l’équipe du Portugal. Le match se déroule en pleine période de guerre et les joueurs mobilisés sont libérés par les autorités militaires. Naturalisés français, les ex-internationaux autrichiens Hiden et Hiltl peuvent représenter la France (la FIFA n’interdit pas encore à un joueur de porter le maillot de deux pays et impose seulement un délai de résidence de 3 ans). Etienne Mattler, le capitaine, porte le record de sélections à 46 capes. La tactique est toujours identique à celle définie par Gaston Barreau en 1937 : défense à quatre arrières (Vandooren surveille l’avant-centre, Mattler en couverture, Bourbotte et Diagne marquent les ailiers), le demi-centre Jordan balaye devant la défense et relance le jeu en compagnie d’un inter replié, Heisserer), transformé en second demi-centre offensif. Hiltl joue en pointe et l’équipe est disposée en 4-2-4 pour ce match.

A la 17e minute, c’est la France qui ouvre le score par Heisserer. Koranyi double la mise six minutes plus tard et permet donc à l’équipe de France de rentrer aux vestiaires avec deux buts d’avance. Koranyi s’offre un doublé à la 75e minute en inscrivant le troisième but français. On croit l’affaire entendue mais Peyroteo marque successivement deux buts (83e et 85e) qui relançent la fin de match. La France tient toutefois son avance et s’impose finalement 3 buts à 2.

France / Suisse (0-2) – Amical – 8 mars 1942

Composition France : Darui – Vandooren (cap.), Roessler – Bourboutte, Jordan, Schmitt – Aston, Simonyi, Koranyi, Dupuis, Arnaudeau

Henri Roessler

La guerre continuant de frapper, la France ne retrouve les terrains que le 8 mars 1942, soit plus de deux ans après son dernier match contre le Portugal. A Marseille, l’équipe de France est opposée à la Suisse, avec une sélection qui mixe des joueurs de la zone non occupée et de la zone occupée. Diagne, Aznar et Danzelle sont forfaits pour cette rencontre. Gaston Barreau, le sélectionneur unique, décide de revenir à la tactique du WM : Jordan joue stoppeur sur Knecht, l’arrière gauche Roessler marque Bickel, un faux ailier, Schmitt est opposé à Amado, un inter qui joue en pointe. Au milieu de terrain,  Bourbotte marque le meneur de jeu Walaschek tout en jouant un rôle de second demi-centre d’attaque, Simonyi joue un rôle de meneur de jeu, et, en raison des forfaits, l’arrière Dupuis tient un rôle de relayeur sur la gauche.

Amado ouvre le score pour la Suisse à la 14e minute de jeu. Kappenberger inscrit rapidement un deuxième but suisse (23e) qui entérine le succès de la Suisse (0-2). Après cinq matchs sans revers, la France regoûte donc à la défaite, dont la dernière date du 4 décembre 1938 contre l’Italie à Naples.

Espagne / France (4-0) – Amical – 15 mars 1942

Composition France : Darui – Vandooren (cap.), Mercier – Bourboutte, Jordan, Roessler – Aston, Simonyi, Koranyi, Dupuis, Arnaudeau

André Simonyi

Cette fois, pas besoin d’attendre plus de deux ans pour revoir l’équipe de France. Le 15 mars 1942, soit sept jours après leur défaite contre la Suisse, les Fançais remettent le maillot national pour aller défier l’Espagne chez elle, à Séville.  La France se présente dans une organisation en WM aménagé devant un adversaire qui joue de façon classique.  L’arrière Mercier ne marque pas l’ailier adverse Epi et c’est Roessler qui joue défenseur gauche, tandis que Bourbotte, Simonyi et Dupuis évoluent au milieu comme au match précédent.

Malheureusement pour les Bleus, ce système aménagée ne porte pas ses fruits. Dès la 4e minute, Francisco Campos ouvre la marque pour l’Espagne. A la 38e minute, Mundo double la mise pour les Espagnols. Menée 2 à 0 à la pause, la France ne parvient pas à réagir et au contraire encaissent pour deux nouveaux buts en seconde période, oeuvres de Campos (68e) et d’Epi (85e). La France subit donc en Espagne un lourd revers (4-0).

France / Belgique (3-1) – Amical – 24 décembre 1944

Composition France : Dambach – Frey, Swiatek – Bigot, Bastien, Pironti – Hiltl, Aston (cap.), Simonyi, Baratte, Arnaudeau

Alfred Aston

La guerre n’a toujours pas cessé, il faut attendre deux ans et neuf mois pour revoir l’équipe de France reprendre du service. Après ses deux matchs disputés en mars 1942, l’équipe de France rechausse les crampons le 24 décembre 1944. A Paris, au Parc des Princes, la France est opposée à la Belgique. Maurice Bacquet est désormais adjoint à Gaston Barreau comme préparateur physique. Pour cette rencontre contre la Belgique, la France pratique un WM souple : en défense, Bastien joue comme stoppeur avec l’appui de Pironti, au milieu, Bigot (inter déplacé en demi) et Baratte assurent la liaison alors qu’en attaque Hiltl (ailier droit statique), Aston (inter de pointe) et Simonyi (avant-centre mobile) n’opèrent pas à leur poste habituel.

Dans cette configuration, la France arrive tout de même à tirer son épingle du jeu. Simonyi ouvre le score à la 38e minute. Avant la pause (42e), Arnaudeau reprend victorieusement un centre de Hiltl pour dooubler la mise. A la 79e minute, le capitaine Aston inscrit un troisième but d’une reprise des 20 mètres. Grâce à De Wael à la 83 minute, la Belgique réduit la marque mais c’est bien la France qui s’impoe au final par 3 buts à 1.

Suisse / France (1-0) – Amical – 8 avril 1945

Composition France : Darui – Frey, Dupuis, Jasseron, Jordan – Bigot, Bihel – Aston (cap.), Simonyi, Siklo, Vaast

René Bihel

Quatre mois après son succès contre la Belgique, la France est de retour et se déplace le 8 avril 1945, à Lausanne pour y affronter la Suisse. Gabriel Hanot est adjoint comme conseiller technique au sélectionneur Gaston Barreau. Comme en 1942, lors de la dernière confrontation entre les deux équipes, la Suisse joue le verrou avec un faux ailier (Bickel) et deux avants-centre (Monnard et Friedländer). Quant à elle, la France est disposée en 4-2-4 avec une défense à 2 stoppeurs (Jasseron et Jordan), et deux relayeurs au milieu, (Bigot opposé au meneur de jeu Walaschek et Siklo). Devant, Aston conserve son poste d’inter de pointe, tandis que Bihel est utilisé comme ailier droit.

Malheuresement, dans cette rencontre, l’équipe de France ne trouve pas faille. A la 53e minute, au contraire, c’est la Suisse qui fait trembler les filets grâce à Friedlander, seul but de la rencontre. Comme en 1942, la France s’incline contre la Suisse, cette fois sur le score de 1 à 0.

Angleterre / France (2-2) – Amical – 26 mai 1945

Composition France : Darui – Dupuis, Swiatek, Samuel, Jordan – Jasseron, Aston, Heisserer (cap.) – Bihel, Siklo, Vaast

Ernest Vaast

Ernest Vaast

Le 26 mai 1945, un peu plus d’un mois après sa défaite en Suisse, la France effectue un nouveau déplacement. Cette fois, elle se rend à Londres pour y défier l’Angleterre. La France est disposée dans un 4-3-3 prudent avec une défense à quatre arrières qui pratiquent un marquage individuel (Dupuis sur Smith, Jordan sur Lawton, Jasseron sur Carter et Swiatek sur Matthews). Au milieu, le trio est composé de Heisserer, de Samuel et de Siklo. Devant, Aston (qui retrouve son poste habituel) et Vaast, animent les ailes alors que Bihel est placé en pointe.

La France est cependant rapidement dépassé puisque Horatio Carter ouvre la maque la marque à la 10e minute. A la 21e, l’Angleterre bénéficie d’un pénalty que se charge Leslie Smith mais Julien Daru, le gardien français, l’arrête. Grâce à Vaast (44e), la France égalise juste avant la pause et rentre aux vesiaires sur un socre de parité. Thomas Lawton redonne l’avantage à l’Angleterre à la 79e. Alors que la victoire anglaise paraît acquise, Oscar Heisserer trompe le gardien anglais, Albert Williams, à la 90e minute, et évite à l’équipe de France la défaite (2-2). A noter que ce match n’est pas reconnu officiellement par la Fédération Anglaise (classé war-time).

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CDF 1944/1945 : Une quatrième Coupe pour le RC Paris

Racing CF 1944/1945

RC Paris 1944/1945
Galey (Dir), Dupuis, Samuel, Salva, Jordan, Jasseron, Molinuevo, Barron (Entr), Mathé, Philippot, Heisserer, Bongiorni, Ponsetti, Vaast

Retour sur la Coupe de France 1944/1945.

Le système des équipes fédérales mis en place la saison dernière est abandonné avec la Libération et les clubs professionnels retrouvent leurs joueurs et leur statut professionel.

Trente-deuxièmes de finale : Strasbourg et Mulhouse contraints au forfait

Les trente-deuxièmes de finale marquent l’entrée en lice de tous les clubs professionnels dans la compétition. L’Alsace est libérée en novembre 1944, mais la contre-attaque des troupes allemandes en janvier 1945 oblige le RC Strasbourg et le FC Mulhouse à déclarer forfait. Le Stade Lorrain et le RCFC Besançon censés les affronter sont donc directement qualifiés. Les autres matchs se déroulent normalement. L’Olympique de Marseille élimine le SO Chambéry (4-3), le Red Star s’impose devant le CA Vernon (7-1), les Girondins ASP battent le Stade Montois (2-1), le RC Paris dispose tranquillement de l’USA Limoges (6-0) et l’Excelsior Roubaix-Tourcoing bat son voisin, le RC Roubaix (5-3). En deux temps, ça passe aussi pour le FC Rouen devant l’US Vésinet (3-3, 4-1).

Seizièmes de finale : L’OM, le Red Star, les Girondins et le RCP sont là

En seizièmes de finale, les habitués de la Coupe répondent présents. L’Olympique de Marseille élimine l’Olympique d’Alès (4-1), le Red Star passe devant le Stade de Reims (1-0), les Girondins ASP disposent de l’US Saint-Gaudinoise (5-1) et le RC Paris triomphe de l’AS Trouville-Deauville (7-0). Dans le derby normand, le FC Rouen s’offre la tête du Havre (3-0). Lille OSC, issu de la fusion de l’Olympique Lillois et du SC Fives, élimine le Stade Français (3-2). Toulouse FC se qualifie face au Nîmes Olympique (6-1) et l’OGC Nice parvient à se défaire de l’AS Aixoise (1-1, 3-0).

Huitièmes de finale : L’OM, le Red Star et les Girondins ASP s’arrêtent là

Les huitièmes de finale sont marqués par le choc entre le RC Paris et les Girondins ASP. L’affiche tourne à l’avantage des Parisiens qui s’imposent par 4 buts à 1. A Cannes, l’Olympique de Marseille tombe devant l’OGC Nice (1-0). Le Red Star est aussi éliminé par l’Arago Sports Orléanais (2-1), club amateur. Le RC Lens frappe fort en étrillant le Stade Lorrain, 10 à 0. Le FC Rouen se qualifie devant le CA Valenciennes (3-2), Toulouse devant le Stade Clermontois (2-1) et Lille devant le Stade Rennais après deux matchs (0-0, 1-0). Lyon OU se qualifie également en battant l’US Cazérienne (4-0).

Quarts de finale : Nice et Lille envoient Rouen et Lyon au tapis

Dernier club amateur encore en lice, l’Arago Sports Orléanais est éliminé par le RC Paris (1-0). Dans les affiches entre professionnels, le FC Rouen s’incline lourdement contre l’OGC Nice (4-0), Lyon OU est surpris par Lille OSC (3-2) et Toulouse vient à bout de Lens (4-3).

Demi-finales : Cinquième finale pour Paris, première pour Lille

Les demi-finales ont lieu le 15 avril 1945. A Lyon, le RC Paris élimine l’OGC Nice en s’imposant par 2 buts à 1. Valle a ouvert le score pour les Parisiens (20e), Ponsetti a égalisé pour Nice (44e) mais Heisserer a fait basculer la rencontre pour le RCP (87e). Vainqueur à trois reprises de la Coupe, c’est la cinquième fois que le RC Paris se retouvent en finale.

A Paris, l’affaire est beaucoup moins serrée et Lille prend facilement le dessus sur le Toulouse FC. Grâce à un triplé de Bihel (3e, 41e, 85e) et un but de Vandooren (26e), le LOSC s’impose par 4 buts à 0. Nouvellement créé (septembre 1944), c’est la première fois que le LOSC se retrouve en finale de la Coupe.

Finale : Le RC Paris comme en 1939

Cette première finale après la Libération (même si l’Allemagne n’a pas encore officiellement capitulé, ce qu’elle fera deux jours après la finale) ressemble fortement à la dernière finale avant la guerre, qui a opposé en 1939 le Racing Club de Paris à l’Olympique Lillois, qui a depuis fusionné avec le Sporting Club Fivois pour donner naissance au Lille Olympique Sporting Club. Le RCP s’était alors imposé par 3 buts à 1. Déja présents six ans plus tôt, Heisserer, Jordan, Dupuis (côté RCP), Darui et Bigot (côté LOSC) sont encore sur le terrain pour cette finale 1945. Pour la première fois, les deux équipes sont numérotées. Grâce à des buts signés Philippot (30e), Ponsetti (40e) et Heisserer (65e), le Racing s’impose par 3 buts à 0 et soulève pour la quatrième fois de son histoire la Coupe de France.

– Composition des équipes finalistes de la Coupe de France 1944/1945 :

RC Paris : Molinuevo – Dupuis, Jordan (cap.), Salva – Samuel, Jasseron – Heisserer, Ponsetti – Philippot, Bongiorni, Vaast. Entraineur : Paul Baron

Lille OSC : Darui – Jadrejak, Stefaniak , Cardon – Bourbotte (cap.), Bigot – Baratte, Carré – Vandooren, Bihel, Lechantre. Entraineur : George Berry

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CDF 1943/1944 : L’équipe fédérale Nancy-Lorraine empoche la Coupe

Equipe fédérale Nancy-Lorraine 1943/1944

Retour sur la Coupe de France 1943/1944.

En juin 1943, le colonel Pascot réorganise le football en créant un championnat national pour les équipes fédérales, qui concentrent les joueurs professionnels dans seize équipes fédérales, comportant quinze joueurs affectés d’office, pris en général dans les clubs professionnels de la région mais pas obligatoirement. Les clubs conservent leur section amateur. 772 clubs sont engagés pour cette 27e édition de la Coupe de France.

Trente-deuxièmes de finale : Les équipes fédérales ne tremblent presque pas, le RC Lens prend la porte

Les seize équipes fédérales et les six finalistes des zones Nord, Sud et Interdite de 1943 sont qualifiés d’office pour ces 32e sde finale, où la notion de zone n’existe plus. Tenant du titre, l’Olympique de Marseille débute par un succès tranquille contre le SO Gap (3-0). Les Girondins ASP, finaliste malheureux, réussissent aussi leurs débuts, victoire 7 buts à 1 devant l’AS Charente. Le RC Lens subit loi de l’équipe fédérale Reims-Champagne (0-2). Le Stade CAP se qualfiie au dépend du SC Fives (4-3) alors que Perpignan est forfait devant l’équipe fédérale Grenoble-Dauphiné. Contre le CA du XIVe, l’OIC Lillois tire également son épingle du jeu (2-1).

Logiquement favoris avec leurs joueurs professionnels, les équipes fédérales n’ont quasiment pas de difficultés dans ce tour. A noter tout de même que l’équipe fédérale Rouen-Normandie s’incline devant Amiens AC (4-3), seule surprise de ce tour. Pour les autres équipes fédérales, la qualification est au rendez-vous. L’équipe fédérale Paris-Ile-de-France dispose de Besançon (3-2), celle de Marseille-Provence se joue de Montpellier (2-1), celle de Bordeaux-Guyenne ne tremble pas devant les Chamois Niortais (5-0), Toulouse-Pyrénées élimine Nîmes (4-1) et Nancy-Lorraine dispose de Châteauroux (3-2).

Seizièmes de finale : Difficile d’être un amateur

Les seizièmes de finale marquent l’hécatombe des clubs amateurs. L’Olympique de Marseille lâche sa Coupe devant l’équipe fédérale Nice-Côte d’Azur (2-0). Le Red Star subit la loi de l’équipe fédérale Marseille-Provence (2-1), le FC Sète celle de l’équipe fédérale Reims-Champagne (3-0), l’AS Cannes celle de de l’équipe fédérale Lens-Artois (3-1) et Le Havre AC celle de l’équipe fédérale Lille-Flandres (2-0). Cependant, deux équipes amateurs parviennent surprendre des équipes fédérales : les Girondins ASP s’offrent le sclap de Grenoble-Dauphiné (2-1) et le Stade CAP fait tomber Lyon-Lyonnais (2-0). Dans les confrontations entre équipes fédérales, Bordeaux-Guyenne élimine Paris-Ile-de-France (3-1 et Paris-Capitale bat Clermont-Auvergne (3-0).

Huitièmes de finale : Les Girondins ASP continuent de lutter

En huitièmes de finale, l’exploit à souligner est celui des Girondins ASP qui battent l’équipe fédérale Nice-Côte d’Azur et sont les seuls amateurs à se qualifier pour les quarts de finale, car dans les autres matchs, les équipes fédéralesfont respecter la hiérarchie et leur statut professionnel. Vaillant, le Stade CAP s’incline en prolongation contre l’équipe fédérale Montpellier-Languedoc (1-1 a.p.). L’AS Saint-Etienne tombe devant l’équipe fédérale Nancy-Lorraine (3-1) et le Stade Orchésien dépose les armes contre l’équipe fédérale Reims-Champagne (3-1). Les confrontations entre équipes fédérales sourient à Bordeaux-Guyenne qui élimine Toulouse-Pyrénées (1-1 a.p.), à Lens-Artois qui brille devant Marseille-Provence (4-0), à Paris-Capitale qui vient à bout de Rennes-Bretagne (1-1 a.p.) et à Rouen-Normandie, vainqueur de Lille-Flandres (1-0).

Quarts de finale : Fin de parcours pour les Girondins ASP

Seule équipe amateur encore présente, les Girodins ASP déposent les armes devant l’équipe fédérale Nancy-Lorraine (4-3). La Coupe ira donc chez une équipe fédérale. Bordeaux-Guyenne poursuite sa route en éliminant Montpellier-Languedoc (1-0). L’équipe fédérale de Lens-Artois se qualifie devant Paris-Capitale (3-1) et celle de Reims-Champagne s’impose devant Rouen-Normandie (3-1).

Demi-finales : Les équipes fédérales de Nancy-Lorraine et de Reims-Champagne

 Les demi-finales opposent les équipes fédérales de Nancy-Lorraine à Bordeaux Guyenne et celle de Reims-Champagne à Lens-Artois. Les pronostics sont en faveur de l’équipe bordelaise, victorieuse de la Coupe en 1941 et finaliste en 1943, et de l’équipe lensoise, en tête du championnat fédéral. Le 1er avril 1944 à Paris, l’équipe de Nancy-Lorraine surprend les pronostics en éliminant les Bordelais, 2 buts à 1 après prolongation grâce à un doublé de Poblomme. Le lendemain, Rémois et Lensois se retrouvent à Lille pour se disputer la deuxième place de finaliste. Au terme du match, aucune des deux équipes n’a trouvé l’ouverture et la demi-finale doit donc être rejouée. Elle se dispute le 13 avril 1944 à Paris cette fois. A l’issue du temps règlementaire, les deux équipes sont toujours au coude à coude (1 à 1 après des buts de Gruchala pour Reims et de Szeqo pour Lens) et doivent à nouveau disputer une prolongation. Cette fois, les Rémois parviennent à faire la différence grâce à un but de Vastaq et déjouent eux aussi les pronostics des observateurs en parvenant à se qualifier pour la finale de cette Coupe de France 1944.

Finale :  La Lorraine sabre le champagne

Finale de la Coupe de France 1943/1944

Le 7 mai 1944, les deux équipes fédérales de Nancy-Lorraine et de Reims-Champagne prennent place sur la pelouse du Parc des Princes. Les deux équipes jouent le WM, avec une tendance plus défensive pour l’équipe lorraine durant la première période. L’équipe lorraine est majoritairement composée de joueurs issus du FC Sochaux-Montbéliard, puisqu’aucune équipe fédérale n’a été constituée autour du grand club doubiste, dont les professionnels ont été affectés d’office à l’équipe autorisée la plus proche. C’est le cas pour Coulon, Rué, Magnin, Pessonneaux, Parmeggiani et Jacques, qui font équipe avec quatre éléments du FC Nancy. L’équipe champenoise, qui peut notamment s’appuyer sur son petit ailier d’orgine hongroise Szego, déja vainqueur de la Coupe en 1941 avec les Girondins ASP, jugée plus brillante fait figure de favori dans cette finale.

L’équipe fédérale Nancy-Lorraine avec la Coupe de France 1944

Pourtant, grâce à Marcel Parmeggiani, c’est Nancy qui ouvre très rapidement la marque (2e). En seconde période, l’équipe lorraine fait éclater l’équipe champenoise et inscrit trois nouveaux buts, par l’intermédiaire de Marcel Poblomme (54e), de Michel Jacques (66e) et à nouveau de Marcel Poblomme (74e). Contre tout attente et sur le score sans appel de 4 buts à 0, c’est l’équipe fédérale Nancy-Lorraine qui s’impose et remporte la Coupe de France.

– Composition des équipes finalistes de la Coupe de France 1943/1944 :

Equipe Fédérale Nancy-Lorraine : Coulon – Rué, Mathieu – Givert, Magnin (cap.), Grandidier – Sesia, Pessonneaux, Poblomme, Parmeggiani, Jacques. Entraineur : Paul Wartel

Equipe Fédérale Reims-Champagne : Dambach – Prince, Carrara – Ignace, Brembilla (cap.), Roessler – Pradel, Batteux, Flamion, Petitfils, Szego. Entraineur : Sarkis Garabedian

La finale de la Coupe de France 1944 :

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